Surnommé « Ha Ari » (le Lion sacré), Isaac ben Salomon Luria fut, avec Cordovero, la personnalité la plus impressionnante du centre kabbalistique de Safed. Il descendait d'une famille ashkénaze originaire de Pologne et d'Allemagne, venue s'installer à Jérusalem. Après la mort de son père, il fut conduit en Égypte, où il étudia sous la direction de Bezalel Askenazi et de David ben Salomon ibn Zimra, tout en se livrant au commerce. Il s'engagea alors dans l'étude de la kabbale en menant une vie ascétique sur une île du Nil, près du Caire, approfondissant le Zohar et les autres œuvres de la science ésotérique.
En 1561 ou 1570, il s'établit auprès de Cordovero à Safed. Dès lors, il élabore son propre système ; et, en 1570, après la mort de Cordovero, Hayym Vital est le principal et le plus célèbre des trente disciples qu'on lui connaît et qui étudient auprès de lui le Talmud et la kabbale. La tradition fait état à cette époque des révélations qu'il aurait eues du prophète Élie et de l'Esprit-Saint. Tout son enseignement demeure oral, qu'il s'agisse de la kabbale théosophique ou de ses méditations sur les prières et l'unification des sefirot. Luria meurt d'une épidémie, à Safed, le 13 juillet 1572.
Ses doctrines nous sont parvenues à travers quatre éditions différentes, si on laisse de côté les innombrables légendes répandues autour de sa personne. La première est celle de Moïse Jonas de Safed, qui est contenue dans le livre Kanfē Yōnah (Ailes de la colombe). L'exposé en est clair, mais il omet certaines doctrines, notamment celles du Ṣimṣūm (Contraction). Une autre tradition est celle de Joseph ibn Tabul, laquelle apporte plus de précisions sur le Ṣimṣūm que Joseph Vital lui-même. Ce dernier reste cependant la source fondamentale des enseignements de Luria ; il les a rassemblés dans son ‘Eṣ Ḥayyim (Arbre de vie), qui a été rédigé entre 1573 et 1576 et dont il existe différentes recensions ; l'une d'elles fut complétée par Samuel Vital, le fils de Joseph, sous le nom de Shěmonēh Shě‘arim (Les Huit Port […]
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