D'origine bourgeoise, Henri de Man adhère très jeune au mouvement socialiste. C'est en Allemagne que s'achève sa formation, avec un doctorat en philosophie à l'université de Leipzig. C'est en allemand que paraît son premier texte important, écrit en collaboration avec Louis de Brouckère et consacré au mouvement ouvrier en Belgique, texte critique dans lequel les coauteurs sont respectivement très sévères pour l'action coopérative et pour l'action parlementaire des socialistes belges. Malgré la polémique ainsi ouverte, Émile Vandervelde appelle Henri de Man à la direction de la Centrale d'éducation ouvrière, créée en 1911, l'année même de cette publication.
En 1917, il accompagne en Russie Vandervelde, qui encourage le gouvernement Kerenski à poursuivre l'effort de guerre. En 1918, il participe à la mission envoyée aux États-Unis par le gouvernement belge afin d'y étudier les méthodes d'organisation scientifique du travail.
L'expérience des premières années du siècle, marquées par la guerre et aussi par l'échec de la social-démocratie allemande d'inspiration marxiste, inspire alors un livre écrit et publié en anglais : The Remaking of a Mind (Londres, 1920), dont une version abrégée paraît à Bruxelles la même année sous le titre : La Leçon de la guerre.
Après un second séjour aux États-Unis, Henri de Man prend, à la fin de 1920, la direction de l'École ouvrière supérieure, à Bruxelles, qu'il quittera deux ans plus tard, ne laissant guère de regrets à ceux qu'inquiètent à la fois son « révisionnisme » et son indéniable supériorité intellectuelle. Il passe alors dix ans en Allemagne, enseignant à l'Académie du travail de Francfort puis occupant, de 1929 à 1933, la chaire de psychologie sociale nouvellement créée à l'université de Francfort. Au cours de ces années d'intense production intellectuelle, plusieurs livres importants paraissent. Tout d'abord Zur Psychologie des Sozialismus (Iéna, 1926) ; ce livre paraît en français en 1927 à Bruxelles sous le titre Au-delà du marxisme, en italien en 1930 […]
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