L'un des dieux les plus énigmatiques du panthéon nordique, Heimdallr n'a laissé pratiquement aucune trace dans la toponymie, bien que sans doute un poème eddique lui ait été exclusivement consacré, le Heimdallagaldr, dont il ne reste malheureusement qu'un seul vers, assez obscur d'ailleurs, où il est donné pour « le fils de neuf mères ». À première vue, on serait donc tenté de tenir ce dieu pour une création purement mythique. Toutefois, de nombreuses théories ont été avancées pour justifier son existence, notamment par B. Pering, J. de Vries et G. Dumézil. Ce pourrait être un dieu maritime, à cause de ses neuf mères (trois fois trois vagues) ; un dieu solaire, puisqu'il est réputé habiter Himinbjörg (Monts-du-Ciel) et qu'on le dépeint comme l'« Ase blanc » ou « le plus brillant des dieux » ; ou un dieu lunaire, car il est le veilleur des dieux qui jamais ne ferme l'œil et qui est doué d'une ouïe si fine qu'il entend pousser l'herbe dans les champs et la laine sur le dos des moutons. Aussi est-il le meilleur garant de la protection des dieux et des hommes contre l'approche des puissances du mal et de la destruction. Tous ces détails ne vont pas sans évoquer Janus, Mithr […]
