Sport aride et sans concession, n'attirant — sauf dans quelques pays — ni un grand public ni l'intérêt soutenu des médias, l'haltérophilie exige de ses adeptes une ténacité et une force d'âme dignes de mérites. Elle implique une pratique intensive et une concentration sans trêves. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, elle répond parfaitement à cette définition qui en fut donnée : « la lutte de l'esprit contre la matière ». Son histoire moderne part des baraques de foires et des places publiques où les « banquistes » de la fin du xixe siècle se livraient à des exercices de force plus ou moins authentiques pour attirer le chaland. Si l'on ne doute pas de la puissance réelle d'un Louis Uni, dit « Apollon », qui était le seul à pouvoir réaliser des « bras tendus » avec son poids rectangulaire de 80,7 kg ou à manier son fameux « essieu » (de wagon de chemin de fer), ou de celle du Canadien Louis Cyr élevant, « sans corde ni chaîne », une plate-forme supportant dix-sept personnes, leurs performances n'en laissent pas moins rêveur. Il fallut attendre le Lillois Émile Desbonnet, venu à Paris en 1901, pour envisager un contrôle sérieux des performances avec les « […]
