Région du sud-ouest de la Syrie, le Golan est un pays de collines (altitude de 500 à 1 000 m) qui s'étend au sud du mont Hermon et domine de 400 à 500 mètres le fossé du Jourdain à l'ouest ; il est limité au sud par les profondes gorges du Yarmouk. Il s'oppose aux riches plaines basaltiques du Hauran, qu'il surplombe à l'est : ses étendues caillouteuses (coulées volcaniques fraîches) limitent les possibilités agricoles malgré un climat rendu favorable par ses précipitations (de 500 à 700 mm par an). Longtemps resté purement pastoral, le Golan a été reconquis à la vie sédentaire à la fin du xixe siècle. Son importance est stratégique ; du fait de sa situation au carrefour de quatre pays (Syrie, Liban, Israël et Jordanie), il contrôle la route d'Israël en Syrie (château de Bāniyās) ; aussi fut-il très convoité au cours des siècles : occupé par Hérode, par les Francs, colonisé au xixe siècle par les Tcherkesses au service du gouvernement ottoman, le Golan a été, en grande partie, conquis par les Israéliens lors de la guerre israélo-arabe de juin 1967. L'occupation israélienne entraîna l'exode de la presque totalité de ses habitants arabes. Sa capitale, Qunaitra (ou Qneitra), conquise par les Israéliens en 1967 au prix d'une âpre bataille, puis détruite par l'armée israélienne en 1974, lors de son évacuation, a été restituée depuis lors à la Syrie.
Le Golan a été le théâtre de violents combats pendant la guerre d'octobre 1973 et a connu ensuite une guerre larvée jusqu'au 31 mai 1974, date de l'accord de « dégagement » signé à Genève entre les Syriens et les Israéliens. Depuis cet accord, la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (F.N.U.O.D.) est stationnée sur une zone tampon démilitarisée ; elle compte encore un millier d’ hommes en 2008. Après 1974, l’État hébreu est resté maître de 1 200 kilomètres carrés, qu’il a annexés en 1981. Les différentes étapes de négociations, multilatérales ou bilatérales, depuis la Conférence de Madrid de 1991, n’ont pas encore abouti, la Syrie posant comme condition à tout accord de paix avec Israël ou sur le Liban le retrait israélien du Golan dans les frontières de 1967, tandis qu’Israël ne veut pas abandonner cette région essentielle pour sa sécurité et pour son approvisionnement en eau. Les positions entre les deux parties ont cependant évolué au fil des différentes rencontres. Alors que la reprise des négociations sous médiation turque, en 2008, semblait constituer une avancée, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou déclare en 2009 écarter tout retrait du plateau du Golan en raison de son importance stratégique « en cas de conflit avec la Syrie ».
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