Architectes allemands, descendants de huguenots, David Gilly et son fils Friedrich introduisirent et développèrent en Prusse les principes d'un néo-classicisme rigoureux puisé à la source de la Grèce antique. David, directeur des travaux de Poméranie (1779) donne les plans des ports de Swinemünde et de Kolberg, les plans d'une église et d'un pont à Swinemünde, d'hôpitaux et de moulins dans de petites villes de Poméranie. Parmi les résidences qu'il construisit, citons la villa de Paretz, pour Frédéric-Guillaume III (1796-1800) et le château de Steinhöfel près de Fürstenwalde (1790). On lui doit encore les bâtiments de la Viewegshes à Brunswick (1801-1805), édifice précédé d'un sévère portique dorique, mais décoré de stucs somptueux. Théoricien, David Gilly a laissé un livre important : Handbuch der Landbaukunst (1797-1798).
Friedrich Gilly, qui meurt à vingt-huit ans, laisse de son côté une œuvre de théoricien et de pédagogue très importante, principalement par ses qualités d'invention et d'adaptation. Formé très tôt par son père, Friedrich Gilly étudie ensuite à l'Académie de Berlin (1788). Nommé inspecteur des bâtiments de la cour, Friedrich continue ses recherches sur l'architecture ancienne (grecque, mais aussi prussienne). En 1796, il donne les projets d'un monument à Frédéric le Grand. Le voyage d'étude qu'il effectue à travers l'Allemagne du Sud, l'Angleterre et la France (1797-1798) est déterminant dans sa formation : ses projets d'opéra pour Berlin (1798) et son projet de ville idéale montrent qu'il a su faire siennes les théories des architectes révolutionnaires et les associer à son goût du greek revival. Nommé professeur à l'Académie de Berlin (1798), Gilly devient vite un des maîtres les plus écoutés : deux de ses élèves, Karl Friedrich Schinkel et Leo von Klenze, diffuseront son style à travers l'Europe.
Daniel RABREAU
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