Journaliste et dessinateur d'humour dans la presse satirique, Georges Blondeaux, né le 9 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, est fils unique. En 1945, à l'École normale d'instituteurs de Versailles, il échoue au baccalauréat. Deux ans plus tard, il entre à la S.N.C.F. comme dessinateur industriel, et prépare seul l'examen, qu'il réussit. Au fil des treize années passées dans l'entreprise, il se perfectionne. L'année 1955 marque un tournant dans sa vie : il se marie et, sous la signature de Gébé, publie ses premiers dessins d'humour dans La Vie du rail, puis dans le Journal du dimanche, Radar, Paris-Match et Bizarre. Durant ces années fastes pour le gag graphique en France, ses préférences vont à Maurice Henry, Chaval ou Mose, dont l'humour noir et le goût de l'absurde renouvellent le genre.
En 1960, Gébé rencontre les créateurs de Hara-Kiri, Cavanna et Georges Bernier (alias Professeur Choron). Dès le numéro 3, il participe au célèbre mensuel « bête et méchant », où il côtoiera Fred, Reiser, Topor, Wolinski et Cabu. « Bal tragique à Colombey : un mort », qui annonce en couverture la mort du général de Gaulle, en parodiant un fait divers dramatique, l'incendie d'un dancing à Saint-Laurent-du-Pont (Isère), conduit à l'interdiction de L'Hebdo Hara-Kiri en novembre 1970. Cette censure est détournée par la création de Charlie Hebdo (1970-1982), dont Gébé devient le rédacteur en chef. En 1986, il dirige pendant six mois la rédaction de Zéro, puis il est directeur artistique de L'Idiot international de 1989 à 1992 et au début des années 1990, participe à La Grosse Bertha. Enfin, en 1992, la réapparition de Charlie Hebdo dans une nouvelle version le place à la direction de la publication, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort. Entre provocations et censures, l'histoire de la presse satirique en France est riche en rebondissements, mais bénéficie aussi de la permanence de certains de ses acteurs, dont Gébé.
Son talent graphique se double d'une écriture visuellement très évocatrice, qu'i […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



