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FLAMENCA

Roman anonyme occitan de 8 085 vers octosyllabes, incomplet en son début et en sa fin. Le roman de Flamenca fut composé probablement entre 1250 et 1270, dans l'entourage d'un grand seigneur occitan, le baron de Roquefeuil, dont le domaine était aux confins des actuels départements de l'Aveyron, de la Lozère, du Gard et de l'Hérault. Cette œuvre est le joyau de la littérature narrative méridionale et une des plus riches de sens de la littérature nationale d'avant la Renaissance. Le seigneur Archambaut, mari de la belle Flamenca (la Flamboyante), perd tout sens de la courtoisie par jalousie ; il enferme sa femme dans une tour et la garde vilainement. Guillem, jeune seigneur, doué de toutes perfections, tombe amoureux de Flamenca à ouïr son malheur et réussit à la voir et à l'aimer, malgré la garde vigilante du fou jaloux. Archambaut revenu à des sentiments plus courtois, Flamenca et Guillem se séparent. Le récit finit comme il avait commencé par de grandes fêtes avec tournoi où Guillem gagne, par sa valeur, la manche de Flamenca. On a vu dans cette œuvre un roman historique, une tragi-comédie, une étude de mœurs, la glorification d'un nouveau type de chevalier, le chevalier-clerc, le roman de la théorie et de la pratique de l'amour courtois, un subtil « art d'aimer », le miroir d'une civilisation en train de disparaître à la suite de la guerre contre les Albigeois, enfin la satire indirecte des mœurs nouvelles introduites par Louis IX. Quoi qu'il en soit, le talent souple et varié de l'auteur, soit dans le tableau coloré des mœurs, soit dans la peinture des sentiments de l'amour et de la jalousie, ou encore dans la conception et le déploiement de l'intrigue, fait de Flamenca un incontestable chef-d'œuvre.

Charles CAMPROUX

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