L'un des fondateurs du mouvement Die Brücke en 1905, ce jeune architecte passionné de Nietzsche s'avère d'emblée moins violent, plus mélancolique que Kirchner et Schmitt-Rottluf. Si dans ses premiers paysages (Chevaux dans un pré, 1908, Landsmuseum, Münster) Heckel n'emploie que trois ou quatre couleurs franches, sa palette s'assombrit et son graphisme devient plus complexe lorsqu'en 1911 il se fixe à Berlin. Il faut y voir l'influence de son métier de graveur sur bois, auquel il doit d'ailleurs la célébrité. Dans Le Canal à Berlin (1912, Wallraf-Richartz Museum, Cologne), l'inquiétude sourd des touches posées avec la même vigueur serrée que le réseau des traits, qu'on dirait exécutés à l'aide d'un canif. Puis, sous l'influence du groupe du Blaue Reiter, il géométrise les volumes et cloisonne les surfaces dans ses paysages et dans les visages émaciés de ses portraits. La lumière semble se retirer peu à peu de sa peinture qui, après 1918, devient d'une grande banalité. De 1945 à 1954, Heckel a été professeur à l'Académie des beaux-arts de Karlsruhe.
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