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ÉPICES

Piment rouge

Aussi longtemps qu'elles furent des denrées de luxe réservées aux plus fortunés, c'est-à-dire jusqu'au xviiie siècle, les épices tinrent conjointement un rôle culinaire et un rôle médicinal. Leur vogue thérapeutique culmina surtout à la Renaissance et au xviie siècle, quand les apothicaires se disaient encore « épiciers et droguistes ». Elles entraient alors dans une foule de compositions complexes : thériaque « rénovée », diascordium, alcoolat de Fioravanti, vinaigre des quatre voleurs, élixir de Garus. Philibert Guybert (1667) note que dans les « médicaments nécessaires aux riches » doivent figurer une once de poivre, autant de gingembre, de clous de girofle et de noix de muscade, et quatre onces de cannelle. Devenues d'usage populaire, les épices désertèrent l'officine pour la cuisine : en perdant leur rareté, elles perdirent leurs vertus...

Tout à fait oubliées de nos jours, dans l'usage courant, les propriétés médicinales des épices valent d'être remémorées. Les chimistes et les médecins contemporains s'y intéressent. Indispensables sur nos tables, elles le sont sans doute moins en médecine, mais leur utilité a été reconnue dans un bon nombre de domaines thérapeutiques, comme toniques, cholagogues, antiseptiques, sédatives, etc. Leur action stimulante sur l'appétit et la digestion — quand on n'en abuse pas — n'est plus à démontrer. Elles sont parfois riches en vitamines. Cela est vrai des épices exotiques comme des aromates européens : on peut se soigner au clou de girofle et au laurier. Les essences de cannelle, de gingembre ou de girofle ont de nombreuses indications en « aromathérapie », école thérapeutique issue des travaux de R. M. Gattefossé (1936). La liste suivante donnera une idée de la place actuelle des principales épices en médecine :

Cannelle. L'écorce renferme une huile essentielle à 65-90  p. 100 d'aldéhyde cinnamique, 4 à 12  p. 100 de phénols (surtout eugénol) ; elle contient aussi camphre, pinène, cinéol, phellandrène, etc. Elle stimule la digestion et la respi […]

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FENOUIL

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Condiment cher aux habitants du midi de la France qui en parfument olives vertes, poissons grillés et omelettes, le fenouil (Foeniculum vulgare Miller. ; ombellifères) est une plante médicinale très employée depuis l'Antiquité. Les fruits faisaient partie des « quatre semences chaudes majeures » des anciennes pharmacopées, avec l'anis vert… Lire la suite
LAURIER NOBLE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Arbre d'Apollon, plante bénéfique vénérée par tous les anciens peuples méditerranéens, le laurier noble (Laurus nobilis L. ; lauracées) est aujourd'hui une épice des plus communes dont les pouvoirs thérapeutiques sont oubliés. L'arôme des feuilles est dû à une huile essentielle de composition très complexe : 45-50  p. 100 d'eucalyptol,… Lire la suite
ORIGAN

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Aromate bien connu, aux propriétés médicinales très intéressantes, l'origan (Origanum vulgare L. ; labiées), appelé le plus souvent « marjolaine », a été confondu autrefois, et même de nos jours, avec la marjolaine vraie (Majorana hortensis Moench), labiée voisine originaire du Sud-Est méditerranéen et d'Asie occidentale. Les deux… Lire la suite
PERSIL

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Devenu le plus commun des aromates, le persil (Petroselinum hortense L. ; ombellifères) a pourtant dû attendre la fin du Moyen Âge pour passer de l'officine à la table. Il n'avait, semble-t-il, auparavant, que des emplois médicinaux. Dioscoride, au ier siècle, en connaissait déjà les propriété emménagogues et… Lire la suite
PORTUGAL

Écrit par :  Roger BISMUTAlbert-Alain BOURDONMichel DRAINJosé-Augusto FRANÇAFrançois GUICHARDMichel LABANFrédéric MAUROJorge MORAÏS-BARBOSAVictor PEREIRAEduardo PRADO COELHO

Dans le chapitre "La métropole d'un immense empire colonial"  : …  (1495-1521) et Jean III (1521-1557) établirent le monopole de la couronne sur le commerce des *épices et ruinèrent l'alliance économique de Venise et des Turcs. Pratiquant une politique de hauts prix de vente, ils réalisèrent d'énormes profits, moins en raison du moindre coût du transport maritime par rapport aux caravanes que par l'absence de… Lire la suite
ROMARIN

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Plus connu dans l'Antiquité pour son parfum balsamique que pour ses vertus médicinales, cultivé dans les monastères du Nord dès le haut Moyen Âge, probablement dans un but thérapeutique, le romarin (Rosmarinus officinalis L. ; labiées) accéda au xvie siècle à une renommée exceptionnelle grâce à la fameuse « eau de la… Lire la suite
SARRIETTE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Aromates de senteur et de saveur assez distinctes, la sarriette des jardins (Satursia hortensis L.) et la sarriette vivace (S. montana) peuvent être confondues pour l'usage thérapeutique. Ces labiées renferment (surtout dans les glandes bien visibles à la loupe sur les feuilles) 0,10 à 0,18 p. 100 d'essence aromatique riche en… Lire la suite
SAUGE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Salvia : « Celle qui sauve. » Son nom seul résume la confiance immense dont la sauge (Salvia officinalis L. ; labiées) a joui au long des siècles. Plus ou moins confondue par les Anciens avec d'autres labiées aromatiques, cultivée dans les monastères au ixe siècle, elle a été considérée au Moyen Âge comme une… Lire la suite
THYM

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Condiment des plus communs, le thym (Thymus vulgaris L. ; labiées) doit son parfum à une essence (0,3 à 0,5 p. 100 du poids frais) bien moins toxique que celle des autres labiées aromatiques, composée de 20 à 40 p. 100 de phénols (thymol et carvacrol), d'alcools (bornéol, linalol) et de carbures (pinènes, camphène). La plante renferme en… Lire la suite

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Piment rouge

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