3. Un programme de recherche foisonnant
L'importance accordée aux droits de propriété et aux modalités de transfert de ces droits a fait du néo-institutionnalisme un cadre privilégié de l'étude des relations entre droit et économie, sous l'inspiration de Coase, éditeur du Journal of Law and Economics pendant plus de vingt ans.
L'insistance sur l'incomplétude des contrats a aussi attiré l'attention sur la nécessité de prendre en compte la question cruciale des mécanismes de mise en œuvre des contrats (enforcement). Ces mécanismes peuvent être d'ordre privé, par exemple la Law Merchant ou le système des marchands maghrébins au Moyen Âge, ou d'ordre public, impliquant au premier chef l'État. Ce dernier et les régimes politiques le caractérisant ont alimenté beaucoup d'études, faisant du néo-institutionnalisme un courant majeur en sciences politiques. Cet apport s'appuie sur l'extension du concept de transaction aux transactions politiques, permettant des comparaisons particulièrement éclairantes entre systèmes présidentiels, parlementaires, etc.
De même la prise en compte des coûts de transaction renouvelle-t-elle en profondeur l'analyse des problèmes de réglementations et de réforme des organisations publiques ou mixtes, mettant en particulier en exergue les micro-institutions impliquées dans leurs succès ou leurs échecs.
Sous l'influence des travaux de North, l'attention s'est également tournée vers l'étude du rôle des normes et croyances dans l'émergence et la stabilisation des institutions.
Mais, c'est sans doute l'analyse des organisations et des arbitrages entre modes d'organisation qui bénéficie à ce jour des apports empiriques les plus spectaculaires. Le néo-institutionnalisme a joué et continue de jouer un rôle moteur dans la prise en compte par les économistes des arrangements institutionnels, gouvernant les relations entre agents dans leurs activités de production et d'échange. Se démarquant de l'approche conventionnelle qui examinait l'entreprise, ou plus exactement les unités de […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



