Mot d'origine persane (dev) ou arabe (dīwān) qui a désigné, d'une part un recueil de poésie (plus rarement un recueil de prose), d'autre part un registre et de là, peu après l'avènement de l'islām, un bureau où étaient enregistrés les individus ou les tribus faisant partie des troupes musulmanes : le dīwān al-djound (bureau de l'armée) a été le premier divan ainsi créé. L'extension du domaine musulman a ensuite entraîné la constitution d'un bureau des impôts fonciers (dīwān al-kharādj) qui est rapidement devenu le plus important, puis d'autres bureaux ou services (chancellerie, Trésor, poste, dépenses, taxes de douane). D'abord très spécialisé, le mot divan a pris ensuite un sens plus large, s'appliquant à l'administration centrale dès le xe ou le xie siècle chez les ‘Abbāsides ; cette acception a été encore élargie sous les Ottomans où le divan était le gouvernement central, siégeant sous la présidence du sultan (divan-i humayūn), plus tard sous celle du grand vizir. Le mot divan a été utilisé sans exception dans tous les pays musulmans pour désigner les grands services administratifs et financiers. Le système des divans a graduellement disparu à partir du xviiie siècle pour laisser la place à des conseils spécialisés, puis à des ministères.
Robert MANTRAN
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