Introduite par Khrouchtchev lors du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique (P.C.U.S.) pour donner une explication des « erreurs » et des crimes de Staline, l'expression de culte de la personnalité est ambiguë, car elle permet de suggérer tout à la fois que celui-ci fut la victime de ce culte et qu'il l'aménagea. Mais, quel que soit le sens prédominant, une remarquable modification est apportée à la théorie marxiste avec le concept de culte de la personnalité. La théorie, en effet, a toujours affirmé que le comportement des individus dans l'histoire était déterminé par les conditions socio-économiques prévalentes. L'interprétation, non seulement du rôle historique, mais du caractère de Louis-Napoléon Bonaparte donnée dans Le 18-Brumaire était devenu canonique. Trotski, dans le livre qu'il consacre à Staline, s'emploie à inscrire son rôle et son action dans l'analyse de la venue au pouvoir d'une nouvelle couche sociale, la bureaucratie parasitaire.
La condamnation du culte de la personnalité a été reprise par la plupart des partis communistes dans le monde. En Europe de l'Est, les « erreurs » des dirigeants et la terreur qui s'étai […]
