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CONTES DE L'ENFANCE ET DU FOYER, livre de Jakob et Wilhelm Grimm

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2.  Une célébration de la narration

Les contes de Grimm se déroulent dans un cadre historique et social apparemment invariable : un univers villageois peuplé de paysans, d'artisans et de figures royales. Cet espace ne connaît pas d'intermédiaire entre la maisonnette des gens simples, proches de la nature, et le château du souverain. Il ignore la grande ville et la bourgeoisie, dévalorise les échanges pécuniaires. Non loin se trouve la forêt habitée par des animaux tantôt féroces, tantôt bienveillants envers ceux qui savent leur parler. C'est là également que vivent les sorcières. Il faut noter à ce propos l'absence de fées dans les contes des Grimm. Car, si l'on met à part les jeunes filles, rares sont les femmes qui jouent un rôle positif. En revanche, les marâtres cruelles, les belles-mères jalouses, les vieilles femmes malfaisantes abondent.

À l'intérieur de ce cadre et de cette constellation de figures relativement stables, le recueil des Grimm se caractérise par sa variété. Le lecteur voit se déployer une multiplicité de motifs et de caractères, même si les situations narratives et les intrigues présentent, là encore, des effets d'échos et de récurrence, constitutifs du genre : interdits transgressés, réparation des torts ainsi causés, multiplication des embûches, échanges symboliques, etc. L'impression de variété tient en partie à la brièveté des récits : en moyenne, les contes des Grimm n'occupent guère que quatre pages. La suppression de toute « ornementation » superflue – on notera, par exemple, la rareté des passages descriptifs – et l'enchaînement rapide des actions font que les contes apparaissent avant tout comme une célébration de la narration. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire par exemple les premières phrases de Jean de fer : « Il était une fois un roi qui avait une grande forêt près de son château où courait du gibier de toutes espèces. Un jour, il envoya un chasseur tirer un chevreuil, mais il ne revint pas. „Il lui est peut-être arrivé malheur“,  […]

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« CONTES DE L'ENFANCE ET DU FOYER, Jakob et Wilhelm Grimm » est également traité dans :

GRIMM JAKOB (1785-1863) et WILHELM (1786-1859)

Écrit par :  Michel-François DEMET

Dans le chapitre "Élaboration des « Contes »"  : …  étonnante de poésie et de précision, et prenaient place parmi les grands stylistes de l'allemand. *Le succès des Contes d'enfants et du foyer (Kinder- und Hausmärchen, 1812-1815) fut grand auprès du public. Quelques écrivains furent plus réticents, dont Brentano qui vit là l'occasion de relancer la vieille querelle sur la « … Lire la suite

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