Né le 21 juillet à Paris, Claude Pichois fut élève de H.E.C. avant de se tourner vers l'histoire littéraire. Monument d'érudition, sa thèse principale, Philarète Chasles et la vie littéraire au temps du romantisme (1965), que prolongeait sa thèse complémentaire, L'Image de Jean-Paul Richter dans les lettres françaises, publiée dès 1963, aurait suffi à lui assurer une carrière de pur comparatiste. Celle-ci fut en réalité relativement tardive et volontairement brève. Succédant à Etiemble dans la chaire qui, de l'ancienne Sorbonne, était passée à la Sorbonne nouvelle, il y connut quelques déceptions. Pourtant, en quelques années, il avait, comme son prédécesseur, honoré cette chaire de son prestige, de son talent et de son érudition sans égale. À une discipline qui reste mal connue et mal aimée, il avait donné un manuel, rédigé avec Pierre Brunel et André-Michel Rousseau (La Littérature comparée, 1967), mis à jour et complété en 1983 avec un titre nouveau : Qu'est-ce que la littérature comparée ? Et il pratiquait un comparatisme vivant : avant de rejoindre la Sorbonne, il avait été professeur ordinaire à la faculté de philosophie et d'histoire de l'université de Bâle, et il resta fidèle à la Vanderbilt University, à Nashville, où il fut également directeur du W. T. Bandy Center for Baudelaire Studies.
Depuis longtemps, en effet, une passion intellectuelle l'habitait : l'œuvre de Charles Baudelaire. Prenant appui sur les travaux considérables de ses grands devanciers, Eugène et Jacques Crépet, Jean Pommier, Georges Blin, continuant leur œuvre ou collaborant avec eux, il sut porter à son point de perfection l'édition des Fleurs du Mal (1968), fournir à la Bibliothèque de la Pléiade une nouvelle édition des Œuvres complètes (1975 et 1976) en deux volumes, très supérieure à la précédente, réunir la Correspondance, d'abord pour les éditions Conard, puis pour la Pléiade (deux volumes, 1973, en collaboration avec Jean Ziegler).
Cette passion a occupé Claude Pichois jusqu'à son dernier jour : en témoignent, réalis […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



