La recherche récente tend à négliger le terme de « césarisme », auquel elle préfère ceux de « principat » et de « dominat », ces deux derniers mots recouvrant deux aspects du premier. Il peut néanmoins être conservé avec un sens très général, celui de pratique du pouvoir impérial, ainsi que l'entendait l'historien Suétone quand il intitulait son œuvre Les Vies des douze Césars.
L'assassinat de Jules César, en ~ 44, montra que la royauté paraissait odieuse aux Romains, symbole qu'elle était de tyrannie et d'arbitraire. Mais c'est avec Auguste que tout commence, une fois de plus : il fonda en effet un régime difficile à analyser. T. Mommsen, s'attachant aux structures juridiques, l'avait décrit comme une dyarchie : le pouvoir aurait été partagé à égalité entre le prince et le Sénat. De nos jours, cette théorie ne trouve plus de défenseurs, et tout le monde considère que l'Empire entra dès sa naissance dans la catégorie des monarchies. A. von Premerstein et sir R. Syme ont insisté sur le poids des forces socio-politiques qui désavantageaient les aristocrates : l'existence d'une noblesse d'Empire et de nombreuses clientèles renforçaient le rôle d'Auguste qui, en outre […]
