Le régiment des burdjiyya, ou burdjites, créé par le sultan al-Manṣūr Qalā‘ūn (1279-1290), était composé d'environ quatre mille mamlūk logés dans les tours (burdj, d'où leur nom) de la citadelle du Caire. Tenus à l'écart des affaires de l'État par Qalā‘ūn et son fils Khalīl al-Ashraf (1290-1293), les burdjiyya arrivèrent, après le meurtre de ce dernier, à jouer un rôle dans la politique égyptienne. Ils soutenaient en effet un prétendant au trône, l'émir Sandjār al-Shudjā‘ī. Mais c'est le rival de celui-ci, Kitbughā, qui monta sur le trône, ce qui entraîna des représailles contre les burdjiyya qui furent chassés de la citadelle : leur garnison fut éparpillée dans différents quartiers du Caire. En 1296, Kitbughā fut remplacé par Ladjīn et le régiment retrouva sa place antérieure. En 1298, les burdjiyya exécutèrent Ladjīn et prirent progressivement du pouvoir sous le règne de Muḥammad b. Qalā‘ūn al-Nāṣir (1298-1308). Le célèbre Baybars al-Djashnakīr, qu'ils soutenaient, évinça son rival Sallār, champion de ce qui restait du régiment des baḥriyya, ou bahrites, et succèda à al-Qalā‘ūn en 1308. Les burdjiyya atteignirent alors l'apogée de leur puissance. Mais Muḥammad al-Nāṣi […]
