2. Du reportage aux portraits
Impressionné par le travail de Brassaï (qui devient son meilleur ami) sur le Paris de nuit, Bill Brandt publie un superbe Londres de nuit. Durant la Seconde Guerre mondiale, il travaille à la commande pour le British Home Office et décrit la vie de la capitale sous les bombes. En particulier les conditions de vie des réfugiés dans le métro, images à l'ambiance lourde et quelque peu irréelle, du fait des longs temps de pose nécessaires pour obtenir des images de nuit. Ces clichés seront publiés pour la première fois aux État-Unis dans Life Magazine. Après la guerre, pourtant, Bill Brandt va abandonner ces reportages : il trouve que la profession s'encombre d'un nombre considérable de reporters qui font tous la même chose et ne se sent en aucun cas concerné par la surenchère que commencent à mettre en place les revues illustrées qui annoncent, avec les années 1950, l'âge d'or du reportage. Bill Brandt devient alors portraitiste. « Pour moi, un bon portrait doit exprimer quelque chose du passé du sujet et suggérer quelque chose de son avenir. » Après un long reportage sur son ami le sculpteur Henry Moore, il s'attache aux écrivains anglais, auxquels il consacre un album entier, et aux peintres, en particulier à Francis Bacon dont il fut un ami très proche.
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