Si François et Louis Blanc ne figurent pas dans les répertoires biographiques français, c'est sans doute parce que leur empire financier s'est constitué dans l'exploitation des jeux de hasard, d'abord à Bad-Hombourg (Allemagne), ensuite et surtout à Monaco. On peut dire de François Blanc qu'il est l'« inventeur » de Monte-Carlo.
François et Louis Blanc, frères jumeaux, sont nés à Courthézon (Vaucluse) en 1806, au sein d'une famille modeste. Vite décidés à gagner leur vie, ils s'installent à Bordeaux comme agents de change en 1834. Là, leur intelligence et leur sens aigu de la communication vont assurer leur réussite. Ils ont l'idée d'utiliser les ressources, alors réservées à la seule administration, du télégraphe Chappe. Renseignés ainsi avant tout le monde, ils amassèrent une fortune confortable, qu'une condamnation pour corruption de fonctionnaire, en 1836, n'entama guère. Arrivés à Paris en 1837, les deux frères assistent à la fermeture des maisons de jeux, dont ils découvrent les énormes profits, et entreprennent d'en ouvrir une à Luxembourg.
C'est là, en 1838, qu'ils font la connaissance du commandant de la garnison prussienne chargée de garder la ville. Celui-ci n'est autre que le landgrave de Hesse-Hombourg, un de ces minuscules États allemands, loin de tout et sans revenu, que son prince cherchait à développer. L'exemple des grandes stations thermales des bords du Rhin – Wiesbaden, Ems, Baden-Baden... – montrait la voie : un établissement de jeux pouvait apporter la prospérité. C'est avec le landgrave Philipp, successeur de son frère en 1839, que les Blanc signèrent en juillet 1840 le contrat qui allait les lier à la principauté pendant trente ans. L'exploitation des jeux leur était confiée, à deux conditions : construire un « Kurhaus » et verser une redevance annuelle.
L'entregent, le talent indiscutable de François pour la communication au sens le plus moderne, le goût du risque financier firent vite merveille. La pauvre petite capitale, transformée en pimpante station thermale sous l […]
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