Cité-État enclavée dans le territoire français (Alpes-Maritimes), Monaco, doit son nom aux Ligures et aux Phéniciens qui s'y fixèrent (Monoïkos). C'est de son port que Jules César partit pour combattre Pompée. Après l'occupation barbare, la défaite des Sarrasins (972) et la domination de Gênes (xiie siècle), la naissance de ce pays est marquée, en 1297, par la conquête du Château-Vieux par le premier des Grimaldi, de souche génoise mais du parti guelfe, déguisé en moine franciscain : le souvenir en survit dans les armes de la principauté. Au cours de luttes prolongées jusqu'à la fin du xve siècle, Monaco sut maintenir son indépendance, dans un régime de sauvegarde, de protection ou d'alliance avec la France (1489-1523), puis avec l'Espagne (1524-1640) et de nouveau avec la France (1641). Réuni provisoirement à la République française en 1793, Monaco passa sous la protection de la Sardaigne de 1814 à 1860.
Doté d'une Constitution depuis 1911, Monaco entretient des liens préférentiels avec la France. Le 12 juillet 2005, le prince Albert II a succédé à son père, Rainier III, décédé en avril après cinquante-six ans de règne. Celui-ci aura su profiter de la durée pour transformer une principauté de conte de fées en une entreprise dynamique et florissante.
1. Les bases matérielles de la principauté
• L'implantation géographique
La principauté, insérée dans le département français des Alpes-Maritimes, mais ouverte sur la mer, couvre une superficie de 1,95 kilomètre carré. Pour la géopolitique, elle présente une frontière morte et invisible. Dans son étendue, Monaco avait acquis, jadis, des droits sur Menton et Roquebrune (xive s.), arrière-pays agricole, mais ces villes devinrent françaises en 1860. En revanche, ce territoire exigu bénéficie d'une exceptionnelle extension par emprise sur la mer : près de 40 hectares ont été aménagés depuis 1985 par endigage et comblement des fonds marins[…]
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