Béchir Gemayel est un produit exemplaire de la petite bourgeoisie maronite au Liban. Né le 10 novembre 1947 à Bickfaya, au cœur de la montagne chrétienne, ce fils de pharmacien a suivi une filière classique : école secondaire chez les Jésuites, puis université Saint-Joseph, d'où il sortit licencié en droit en 1971. Mais ce sportif obstiné à la solide carrure montagnarde était surtout le benjamin de Pierre Gemayel, fondateur (en 1936) des Phalanges (Kataëb Lubnaniyya), dont le nationalisme maronitique ombrageux s'appuyait sur la morale chrétienne et une discipline militaire. Dès 1960, Béchir devint membre des jeunesses du parti et, en 1969, il était à la tête de la centaine de membres de sa section. À la différence de son aîné, Amine, Béchir appartient à la génération des ruptures, à la jeunesse qui a subi les chocs de la défaite de juin 1967 et des révoltes estudiantines de 1968. Face aux changements sociaux et politiques qui secouent le Liban, il choisit de résister, de défendre les droits des chrétiens et la place centrale de sa communauté maronite au cœur du système politique. Après une année de formation juridique à Dallas et à Washington (1972) qu'il a préférée à la formati […]
