« Chanteur des rues », Barberino traduit et élabore de nouveau en prose italienne des histoires du cycle carolingien. Faisant remonter au fils de l'empereur Constantin l'origine des paladins, il apporte à la matière épique un fonds classique et italien. Dans Les Royaux de France (I Reali di Francia, 1491) et ses autres ouvrages, il raconte les aventures de ses héros en insistant sur une prétendue vérité historique, assurée grâce à l'enchaînement logique des faits et à l'emploi de dates et de précisions. Il insère dans son texte des préceptes moraux, où se glissent des réminiscences culturelles (Dante et les classiques). Son succès, établi par une société bourgeoise qui voulait se constituer une littérature agréable et utile, ne s'est pas démenti : malgré l'avis des critiques qui le considèrent comme un auteur médiocre au style monotone (Barberino use de procédés simples mais efficaces), on lit encore aujourd'hui Les Royaux de France ou le Guerrino il Meschino, devenus des classiques de la culture populaire.
[…]

