Texte mahāyāna qui a connu une grande vogue en Chine. D'après la légende, l'Avatamsaka Sūtra (le Sūtra de l'Ornementation fleurie de Buddha, en chinois : Huayanjing) aurait été prononcé par le Buddha aussitôt après son Éveil, mais si profondes étaient ces paroles qu'aucun des auditeurs ne pouvait en comprendre le sens. Il semble que ce texte n'ait été l'objet d'aucun enseignement spécial ni qu'il ait été adopté par aucune école doctrinale en Inde. Il nous est connu surtout dans ses trois versions chinoises : l'une en soixante chapitres (traduite par Buddhabhadra, entre 418 et 420) ; une deuxième en quatre-vingts chapitres (traduite par Shikshananda entre 695 et 704) et la troisième en quarante chapitres (traduite par Prajnā entre 795 et 810). Seul l'original sanskrit du texte en quarante chapitres nous est parvenu.
En Chine, le succès du texte fut intimement lié, d'une part, au culte de Mañjuśrī sur la montagne Wutaishan, célèbre lieu de pèlerinage, d'autre part, au patronage de l'impératrice Wu Zetian (qui régna de 690 à 705). Cette redoutable usurpatrice ordonna la traduction du texte en quatre-vingts chapitres, dont elle rédigea elle-même la préface. Parmi ceux […]
