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FRONDIZI ARTURO (1908-1995)

Premières victimes de la révolution argentine

Fils d'émigrés calabrais, Arturo Frondizi, homme politique argentin, est né le 28 octobre 1908 à Paso-de-los-Libres, dans le nord du pays, non loin des frontières du Paraguay et du Brésil. L'amélioration de la situation familiale — son père, cheminot, était devenu entrepreneur et la famille avait entre-temps déménagé dans la capitale — lui permet de s'inscrire à l'université de Buenos Aires où il suit des cours de droit. En 1930, Frondizi ouvre un cabinet d'avocat à Buenos Aires et s'attache à défendre l'industrie argentine contre l'emprise des sociétés étrangères. Pourtant, la politique l'attire de plus en plus : c'est à cette époque qu'il adhère au Parti radical. Ses sympathies vont ouvertement à l'aile marchante de cette formation traditionnelle. Il participe à la création d'Intransigeance et rénovation, mouvement qui, à partir de 1948, dominera le parti. En 1946, il est élu député de Buenos Aires et s'emploie avec vigueur et talent à dénoncer les abus du régime péroniste. Candidat malheureux à la vice-présidence de l'Argentine en 1951, il est élu en 1954 président de l'Union civique radicale. Tout en étant dans l'opposition tolérée sous le régime de Perón, il ne prend pas directement part au coup de force qui débouche sur la chute du dictateur en 1955. Promoteur d'idées nationalistes, il passe bientôt dans l'opposition au gouvernement provisoire. À la suite d'une scission à l'intérieur du Parti radical, Frondizi se retrouve à la tête de l'Union civique radicale intransigeante, qui le propose comme candidat à la présidence de la République en 1958. De son exil de Madrid, l'ancien dictateur lui apporte son soutien et, avec l'apport des voix péronistes, Frondizi est porté à la tête de l'État pour six ans. Néanmoins, il n'achève pas son mandat : un scrutin partiel dans la province de Buenos Aires s'étant soldé par la victoire du candidat péroniste, les forces armées interviennent et déposent le président de la République en 1962 pour prendre elles-mêmes les rênes du pouvoir. 

Durant les divers intermèdes militaires qui marquèrent la vie politique argentine de 1962 à 1973, Arturo Frondizi préféra s'en tenir à une certaine réserve, sans pour autant cesser d'observer l'évolution des tendances politiques. Après avoir voulu se présenter une nouvelle fois à l'élection présidentielle de mars 1973 sous la bannière du Mouvement d'intégration et de développement qu'il préside, il y renonce finalement pour rallier le Front justicialiste de Juan Perón. En avril 1972, il avait profité d'un voyage en Europe pour rencontrer l'ancien dictateur en exil et pour s'entretenir avec lui de sa rentrée en Argentine.

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Écrit par :  Romain GAIGNARDRoland LABARRELuis MIOTTICarlos QUENANJérémy RUBENSTEINSébastien VELUT

Dans le chapitre "L'« après-péronisme » : les principales étapes"  : …  groupe « Intransigeant » – de tendance réformiste proche de la gauche intellectuelle –, animé par *Arturo Frondizi, de s'allier à Perón, en vue des élections de 1958. Cette entente secrète assure la victoire de A. Frondizi, élu président de la nation sur un programme de développement de l'industrie nationale, de satisfaction des revendications… Lire la suite

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