Fils aîné d'Amédée VII, Amédée VIII comte de Savoie succède à son père en 1391. Durant sa minorité, le comté tombe sous la tutelle du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, à la faveur des querelles de factions nobiliaires. À partir de 1400, la première tâche d'Amédée VIII est donc de se libérer progressivement de cette sujétion, sans s'aliéner ce puissant voisin. La même politique prudente est appliquée à l'Est, à l'égard du duc de Milan. Peu à peu, Amédée VIII parvient à se rendre maître de terres d'obédience viscontienne (ainsi, en 1411, Domodossola, au débouché du Simplon). Il mène à bien l'unification étatique des domaines de la mouvance savoyarde ; c'est ainsi qu'en 1401 il annexe définitivement le Genevois (après l'extinction de la famille comtale), s'imposant à la féodalité locale. De même, il a la chance d'annexer le Piémont, quand meurt, sans héritier, son cousin Louis d'Achaïe (1419) : la dynastie de Savoie dispose désormais, avec Turin, d'une capitale italienne. Depuis l'annexion de Nice, enfin, le comté a atteint, sous le règne de son père Amédée VII, pour la première fois, la Méditerranée. Signe du renouveau de la puissance savoyarde, la transformation, dès 1416, par […]
