« La vie et le mouvement sont nécessaires, ils dépendent de l'émotion de l'artiste, qui doit modifier sa facture selon cette émotion... » Voilà ce que disait Alfred Sisley, peintre de sentiment dans la lignée de Corot, à qui il fait souvent penser. Même délicatesse, même goût de l'harmonie, même attrait pour la transcription du jeu le plus secret des ombres et des lumières entre elles ; et une semblable attirance pour le paysage. Mais Corot fut aussi un grand peintre de figures. Sisley, lui, sauf à ses débuts, n'a peint que la terre et le ciel, l'eau surtout dans les reflets fugitifs de la lumière. Devait-il à son ascendance anglaise ce goût de l'eau et de l'atmosphère humide, aux grands aquarellistes de l'Angleterre cette qualité de fluidité si perceptible dans ses toiles ? Établi en Île-de-France, à Louveciennes, à Bougival ou à Marly d'abord, puis à Moret, il a peint avec prédilection la Seine et le Loing, leurs rivages et les chemins de halage, les coteaux dans le lointain, donnant toujours au ciel son importance dans la lumière comme dans la composition du paysage. « Le ciel est formé de plans comme les terrains, et il contribue au mouvement et à l'effet du tableau. » Sa sc […]
