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7-9 juillet 2002

États-Unis. La Maison-Blanche affaiblie par les scandales comptables

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Le 7, le Sénat publie son rapport sur l'affaire Enron, le courtier en énergie mis en faillite en décembre 2001 à la suite de la découverte de manipulations comptables. Le document révèle que ces malversations étaient connues des administrateurs du groupe, en plus de ses dirigeants et du cabinet d'audit chargé de certifier ses comptes.

Le 9, le président George W. Bush annonce, devant des chefs d'entreprise réunis au New York Stock Exchange, une série de mesures destinées à restaurer la confiance des épargnants et des investisseurs, alors que les marchés financiers pâtissent de la multiplication des scandales comptables. À la suite d'Enron, d'autres entreprises, telles que le groupe de télécommunications WorldCom, le fabricant de photocopieurs Xerox ou le groupe pharmaceutique Merck, sont soupçonnées d'avoir frauduleusement gonflé leurs bénéfices. Le président Bush prône « une nouvelle éthique de la responsabilité dans le monde des affaires ». Une brigade financière spécialisée dans la criminalité d'entreprise doit être créée, et la législation concernant les infractions visées doit être rendue plus sévère. Le contrôle des dirigeants d'entreprise sera renforcé, ainsi que l'indépendance des conseils d'administration. Enfin, les moyens de l'autorité de surveillance des marchés, la Securities Exchange Commission (S.E.C.), doivent être augmentés. Ces scandales comptables fragilisent l'administration républicaine. Proche de l'ancien président d'Enron, George W. Bush a été par ailleurs impliqué dans une affaire de délit d'initié, avant d'être blanchi par la S.E.C., en octobre 1993. De plus, il est critiqué pour avoir autrefois mis en œuvre, en tant que chef d'entreprise, des pratiques qu'il dénonce aujourd'hui. L'autorité boursière a aussi ouvert une enquête, le 28 mai, sur d'éventuelles manipulations dans les comptes de Halliburton, l'une des premières entreprises mondiales de services à l'industrie pétrolière, à l'époque où l'actuel vice-président des États-Unis, Dick Cheney, en était le P.-D.G., entre octobre 1995 et août 2000. Le discours de George W. Bush n'empêche pas la poursuite de la baisse des indices boursiers. Les soupçons qui pèsent sur les dirigeants républicains offrent un terrain de bataille à l'opposition démocrate, à quatre mois des élections législatives de la mi-mandat.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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