5-26 avril 2023

France. Validation de la réforme des retraites par le Conseil constitutionnel

Le 5, les dirigeants des huit organisations de salariés membres de l’intersyndicale opposée à la réforme des retraites, qui a été adoptée par le Parlement en mars, se rendent à Matignon à l’invitation de la Première ministre Élisabeth Borne. Celle-ci souhaite évoquer la future loi relative au travail, tandis que l’intersyndicale, qui n’entend pas « tourner la page », demande l’abandon du relèvement de l’âge de la retraite à soixante-quatre ans et de l’augmentation de la durée de cotisation, et quitte la réunion. Depuis Pékin où il est en visite officielle, le président Emmanuel Macron rejette le constat de « grave crise démocratique » énoncé par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, en affirmant que « pour la première fois de son histoire contemporaine, la CFDT n’a proposé aucun autre projet » à la réforme des retraites.

Le 6, Élisabeth Borne appelle à « respecter une période de convalescence », afin d’éviter « que les syndicats sortent humiliés de cette séquence », ajoutant que « le pays a besoin d’apaisement ».

Le 6 également, la onzième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites réunit cinq cent soixante-dix mille manifestants selon le ministère de l’Intérieur, « près de deux millions » pour les syndicats.

Le 10, Élisabeth Borne annonce le report de la visite officielle qu’elle devait effectuer au Canada le 19, en raison de la tension sociale en France.

Le 13, trois cent quatre-vingt mille personnes – selon le ministère de l’Intérieur – participent à la douzième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites – un million et demi selon les syndicats.

Le 14, le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la réforme des retraites et rejette la proposition de loi visant à maintenir l’âge de départ à la retraite à soixante-deux ans qui lui était soumise dans le cadre de la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP).

Le 15, la loi sur la réforme des retraites aussitôt promulguée par le chef de l’État est publiée au Journal officiel.

Le 17, Emmanuel Macron prononce une allocution télévisée, tandis que ses opposants, sur l’initiative de l’organisation altermondialiste Attac, appellent à manifester en tapant sur des casseroles. Le chef de l’État s’engage à lancer trois chantiers dans les « cent jours » à venir : mettre en œuvre « un nouveau pacte de la vie au travail […] par le dialogue social », lutter contre la délinquance et l’immigration illégale, et promouvoir le « progrès pour mieux vivre ».

Le 19 dans le Bas-Rhin, puis le 20 dans l’Hérault, le 25 dans le Loir-et-Cher et le 27 dans le Doubs, lors de ses premiers déplacements en région depuis la promulgation de la réforme des retraites, Emmanuel Macron est confronté aux huées et aux bruits de casseroles de centaines de manifestants. Élisabeth Borne et ses ministres rencontrent le même accueil lors de leurs propres déplacements.

Le 25, le tribunal administratif d’Orléans suspend l’arrêté du préfet du Loir-et-Cher visant à instaurer un périmètre de sécurité lors de la visite d’Emmanuel Macron, considérant qu’il était abusivement fondé sur la loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » d’octobre 2017.

Le 26, la Première ministre présente son programme de réalisation des chantiers annoncés par le chef de l’État. Elle annonce le report à l’automne du projet de loi sur l’immigration, en raison d’un défaut de majorité attribué à l’attitude des Républicains (LR).

— Universalis

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