4-20 mai 1989France. Consternation en Nouvelle-Calédonie après l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné

 

Le 4, alors qu'ils participent à une cérémonie rituelle marquant la fin du deuil des dix-neuf Canaques tués le 5 mai 1988 lors de l'assaut de la grotte de Gossanar par la gendarmerie, Jean-Marie Tjibaou, président du mouvement indépendantiste F.L.N.K.S., et son second, Yeiwéné Yeiwéné, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un extrémiste canaque qui est lui-même abattu par un garde du corps. Dans son message de condoléances, François Mitterrand évoque « l'immense perte » que représente pour la Nouvelle-Calédonie la disparition de deux des signataires de l'accord de Matignon de juin 1988. Michel Rocard, déplorant la perte d'un « ami », affirme vouloir « poursuivre l'œuvre de réconciliation et de justice » entamée, tandis que l'autre cosignataire de l'accord de Matignon, Jacques Lafleur (R.P.R.), déplore le « drame » survenu « aux portes de la réussite ». Les réactions de la classe politique sont quasi unanimes pour déplorer ces assassinats et saluer le courage de Jean-Marie Tjibaou.

Le 6, Louis Le Pensec, ministre des D.O.M.-T.O.M., arrive à Nouméa, précédant de peu Michel Rocard, venu assister, le 7, à la cérémonie œcuménique des obsèques des deux hommes. Redoutant d'abord d'éventuels développements du drame, le Premier ministre repart le lendemain plus confiant, après s'être entretenu avec les Canaques et Caldoches modérés, déterminés à poursuivre l'application des mesures prévues en 1988. En particulier, la date des élections provinciales est maintenue au 11 juin, après une hésitation quant à leur report éventuel.

Le 9, le F.U.L.K. (Front uni de libération kanak), composante extrémiste du F.N.L.K.S., fait savoir qu'il ne « condamne pas » l'assassinat des deux leaders du F.L.N.K.S., qui « s'inscrit dans la lutte » contre le « colonialisme français ».

Le 11, le bureau politique du F.L.N.K.S. confirme son attachement aux accords de Matignon, tandis que se pose désormais le problème de la succession de Jean-Marie Tjibaou à la tête de l'Union calédonienne (U.C.), principale composante de la fédération.

Le 20, François Burck, ami de Jean-Marie Tjibaou, est élu président de l'Union calédonienne.

—  Universalis



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«  4-20 mai 1989 - France. Consternation en Nouvelle-Calédonie après l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2021. URL : http://www.universalis.fr/evenement/4-20-mai-1989-consternation-en-nouvelle-caledonie-apres-l-assassinat-de-jean-marie-tjibaou-et-de-yeiwene-yeiwene/