KENTRIDGE WILLIAM (1955- )

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Le Sud-Africain William Kentridge, artiste graphique, réalisateur et défenseur des arts de la scène, est surtout connu pour les films d'animation dessinés à la main qu'il produisit dans les années 1990. L'humanisme poignant qui transparaît dans ces œuvres comme dans d'autres renvoie à une tradition artistique européenne bien plus vaste, représentée notamment par Daumier, Goya et Hogarth.

Fils d'un juriste farouchement opposé à l'apartheid, William Kentridge naît le 28 avril 1955 à Johannesburg. Il fréquente l'université du Witwatersrand à Johannesburg de 1973 à 1976, puis la fondation artistique de la ville, aujourd'hui disparue, pendant deux ans. À diverses occasions dans les années 1970-1980, il travaille tantôt comme acteur, dramaturge, décorateur ou régisseur. Le jeune homme étudie également le mime et l'art dramatique à Paris au début de la décennie 1980. En 1992, il entame une collaboration à long terme autour de spectacles multimédias créés par le théâtre de marionnettes Handspring Puppet Theatre, fondé au Cap en 1981.

Comme en témoignent sa formation initiale et ses projets artistiques ultérieurs, l'intérêt de Kentridge pour les arts du spectacle est profondément lié au théâtre. La structure narrative et l'évolution des personnages que l'on trouve dans ses films reflètent cette étroite connexion. Tandis que Kentridge mène parallèlement plusieurs projets artistiques, il concentre son travail sur une séquence de courts films d'animation, réalisés selon une technique particulière. Il ébauche d'abord une esquisse rapide au fusain, qu'il photographie, puis apporte de légères modifications à son dessin, avant de le photographier à nouveau, et ainsi de suite. Les premiers contours tracés par Kentridge disparaissent ainsi souvent complètement des versions ultérieures.

Nombre de ces films – notamment Johannesburg, 2nd Greatest City After Paris (1989), Felix in Exile (1994) et Tide Table (2003) – relatent les aventures d'un capitaliste cupide, Soho Eckstein, et de son alter ego, le sensible Felix Teitelbaum. Les crises spirituelles, écologiques et affectives que traverse le capitalisme vieillissant s'incarnent ainsi dans l'Afrique du Sud contemporaine que Kentridge dépeint. 7 Fragments for Georges Méliès, Journey to the Moon, and Day for Night (2003) rend hommage au réalisateur français et à ses dispositifs illusionnistes, pionniers dans l’histoire du cinéma.

Dans les installations vidéo I Am not me, The Horse is not mine (2008), réalisée en collaboration avec le musicien Philip Miller et la vidéaste Catherine Meyburgh, et Learning from the Absurd : The Nose (2008), William Kentridge fait référence à l’opéra Le Nez de Dmitri Chostakovitch, d’après Nicolas Gogol. Il montera cet opéra au Metropolitan Opera de New York en 2010.

Le San Francisco Museum of Modern Art organise une rétrospective de l’artiste sud-africain, William Kentridge, cinq thèmes (2009), reprise au Jeu de Paume à Paris en 2010. À la Documenta de Kassel de 2012, il présente l’installation-spectacle Refusal of Time.

Au festival d’Avignon, il monte la pièce La Négation du temps (2012) avec Philip Miller, Catherine Meyburgh et la chorégraphe Dada Masilo. Il produit Lulu d’Alban Berg, qui sera présenté à Johannesburg, New York et Bruxelles en 2015.

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« KENTRIDGE WILLIAM (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/william-kentridge/