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WEI YUAN (1794-1856)

Issu d'une famille de lettrés du Hunan, docteur en 1844, il se lie dès 1814 avec Liu Fenglu et Gong Zizhen, adoptant leur interprétation d'un confucianisme évolutionniste, interprétation fondée sur le commentaire de Gongyang, dont il fait la justification philosophique de ses préoccupations réformistes. Il analyse les causes de la crise intérieure de l'Empire, réunissant les écrits politiques et économiques de ses contemporains les plus originaux, et propose lui-même des mesures pour améliorer le rendement du tribut en riz et celui de la gabelle, et des plans de lutte contre l'inondation, qu'il applique avec succès comme sous-préfet au Jiangsu (1849-1854). C'est sur le problème des relations avec l'Occident qu'il apporte sa contribution majeure. Il se fait l'historien des expériences militaires de la Chine sur ses frontières de terre et de mer, notamment sous les Mongols et les Qing. Il participe à la lutte contre les Anglais en 1840-1842 et rédige en 1842 le Mémoire illustré sur les pays d'outre-mer (Haiguo tuzhi). Cet ouvrage, publié en 1844, réédité et augmenté en 1847 et 1852, propose une politique concrète de défense : emprunter les techniques étrangères et opposer les unes aux autres les nations qui attaquent la Chine, selon le vieux principe qui consistait à « maîtriser les Barbares par les Barbares ». Par sa description détaillée et critique des pays étrangers, il joue un rôle important dans la découverte intellectuelle de l'Occident, non seulement auprès de tous les lettrés et fonctionnaires chinois jusqu'à la fin du xixe siècle, mais au Japon, où son œuvre, traduite dès 1854-1856, inspire les réformateurs de l'ère Meiji.

— Marianne BASTID

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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