CLIBURN VAN (1934-2013)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le pianiste américain Van Cliburn devint célèbre dans le monde entier après avoir remporté le premier prix du concours international Tchaïkovski à Moscou lors de sa première édition, en 1958.

Harvey Lavan Cliburn Junior naît le 12 juillet 1934 à Shreveport (Louisiane). Il prend ses premières leçons de musique à l’âge de trois ans auprès de sa mère, pianiste de concert formée au côté d’Arthur Friedheim, qui fut lui-même élève de Liszt. Il fait ses débuts en 1947 avec l’Orchestre symphonique de Houston. Il bénéficie ensuite des enseignements de Rosina Lhévinne à la Juilliard School of Music de New York, dont il sort diplômé en 1954. La même année, il remporte le prix Leventritt, distinction qui lui permet de faire ses débuts avec cinq grandes formations de renom, en particulier l’Orchestre philharmonique de New York dirigé par Dimitri Mitropoulos au Carnegie Hall.

Van Cliburn se présente au concours Tchaïkovski quatre ans plus tard. Durant les premières épreuves, ce jeune Américain à la stature imposante, doté de larges mains à l’ambitus extraordinaire, séduit le public soviétique par son jeu puissant et passionné, et par sa technique impeccable. Au cours de la finale, il livre sous la baguette de Kirill Kondrachine une interprétation remarquable du Premier Concerto pour piano en si bémol mineur de Tchaïkovski, ainsi que du Troisième Concerto pour piano en mineur de Rachmaninov et du Rondo de Dimitri Kabalevski. Le public exhorte alors le jury à lui accorder la victoire. Les jurés, visiblement impressionnés par la maîtrise de Cliburn, consultent néanmoins le premier secrétaire du parti Nikita Khrouchtchev avant d’attribuer le premier prix à un étranger. Celui-ci donne volontiers son accord, geste qui participera à la détente des relations entre les deux blocs durant la guerre froide. Van Cliburn est accueilli à son retour à New York par la parade réservée aux héros nationaux. La même année, son enregistrement du Premier Concerto de Tchaïkovski avec Kondrachine devient le premier album classique disque de platine.

Au cours de sa carrière de concertiste, Van Cliburn s’efforce d’étendre son répertoire au-delà des romantiques, sans toujours remporter l’adhésion de la critique. Outre le disque de platine, il enregistre le Troisième Concerto pour piano de Rachmaninov avec Kondrachine en 1958. Sa discographie s’enrichit, deux ans plus tard, d’une interprétation du Troisième Concerto en do majeur de Prokofiev au côté de Walter Hendl et de la Deuxième Sonate en si bémol (version 1913) de Rachmaninov. Sous la direction de Fritz Reiner, il laisse également une gravure remarquable du Concerto en la mineur de Schumann en 1960, puis du Cinquième Concerto « l’Empereur » de Beethoven en 1961.

Après avoir tenté une brève incursion dans la direction d’orchestre, Van Cliburn met sa carrière entre parenthèses en 1978 pour prendre soin de sa mère, malade. Quand il revient sur la scène en 1987, il se lasse rapidement des contraintes d’un emploi du temps chargé et ne fait dès lors que de rares apparitions. Il adresse ses adieux au public en septembre 2012 lors d’un concert célébrant le cinquantième anniversaire de la fondation qui porte son nom et qui organise, entre autres événements, un concours international de piano qui se tient à Fort Worth (Texas) tous les quatre ans. Van Cliburn meurt dans cette même ville quelques mois plus tard, le 27 février 2013.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Karen SPARKS, « CLIBURN VAN - (1934-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/van-cliburn/