RAINIER III DE MONACO (1923-2005)

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Fils de la princesse héréditaire Charlotte et du prince Pierre de Polignac, Louis Henri Maxence Bertrand Grimaldi est né en 1923 à Monaco. Il effectue sa scolarité en Grande-Bretagne, en Suisse puis en France (à la faculté de Montpellier puis à l'École des sciences politiques à Paris). En 1944, sa mère renonce au trône, tandis que le prince héritier s'engage comme volontaire au titre « étranger » dans l'armée française, ce qui lui vaudra la croix de chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. En 1949, après le décès de son grand-père, le prince Louis II, Rainier accède au trône, sur lequel il restera cinquante-six ans.

Les premières années de son règne sont marquées par son mariage (avril 1956) très médiatique – comme on ne disait pas encore – avec l'actrice américaine Grace Kelly, qu'il a rencontrée lors du tournage, sur la Côte d'Azur, du film d'Alfred Hitchcock La Main au collet. Il dira plus tard de cette époque que « la recherche du scoop [y] était plus douce ». « On aimait, dans la presse, parler avant tout du bonheur. D'où une certaine tolérance des intéressés. Désormais, l'époque est plus dure. Il faut du scandale à tout prix. » Trois enfants naissent de cette union : Caroline (1957), Albert (1958) et Stéphanie (1965) qui alimenteront abondamment les pages de la presse « people ».

Les années 1960 s'ouvrent par une crise sans précédent avec le puissant voisin français. En février 1962, le général de Gaulle réclame l'alignement de la fiscalité de la principauté monégasque sur celle de la France. « J'ai été sidéré par son autorité, même si nous en avons souffert », confiera le prince. Le conflit se règle un an plus tard par un accord de voisinage avec la France, puis par une visite du président de la République à Monte-Carlo en 1965. « Nous avons cru recevoir un bon grand-père. Il avait apporté des cadeaux aux enfants. Cette dualité de l'homme m'a touché », rapporte Rainier. Monaco s'est, dans l'intervalle, doté d'une nouvelle Constitution qui définit les relations avec la France (17 décembre 1962).

Rainier restera aussi comme le prince qui a considérablement modernisé Monaco, jusqu'à en faire une entreprise très florissante et rayonnante. Ainsi crée-t-il des festivals internationaux de télévision (1961) et de cirque (1974), une fondation Prince Pierre de Monaco qui remet divers prix (1966), un centre de congrès (1979). En juin 1966, l'État monégasque devient actionnaire majoritaire de la très lucrative Société des bains de mer (S.B.M.), propriétaire, notamment, du casino de Monte-Carlo. Et, en 1981, le prince pose la première pierre du nouveau quartier de Fontvieille, gagné sur la mer, qui accroît d'un quart la superficie de la ville.

C'est sans doute à ce moment l'apogée du règne, bientôt endeuillé par le décès dans un accident de la route de la princesse Grace (septembre 1982). Les difficultés conjugales ou sentimentales de ses filles, le célibat persistant de son fils assombrissent encore la fin de vie de Rainier.

Si Monaco fait son entrée à l'O.N.U. en 1993, la principauté est aussi montrée du doigt pour des activités supposées de blanchiment d'argent. Les députés français Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (P.S.) rédigent un rapport très sévère sur le sujet en 1999. À la mort du prince, le 6 avril 2005, Arnaud Montebourg dénoncera un « paradis fiscal, bancaire, judiciaire », et même un « sanctuaire de l'argent sale ».

Le prince Rainier a sans doute eu ce rapport entre les mains, même s'il reconnaissait « ne pas lire beaucoup ». Comme Louis XVI, il préférait « réparer un objet, travailler un morceau de ferraille ». Comme lui, ce bon catholique affirmait ne pas redouter la mort. « Je crois que la mort n'est pas une fin ; c'est mourir qui est difficile », confiait-il dans l'une des rares interviews qu'il ait accordées, vers la fin de sa vie.

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  • Louis TROTABAS
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Bruno DIVE, « RAINIER III DE MONACO (1923-2005) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rainier-iii-de-monaco/