BERGOUNIOUX PIERRE (1949-    )

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La biographie de Pierre Bergounioux tient en une ligne et demie sur la quatrième de couverture de ses ouvrages : « né à Brive en 1949 », il est « professeur de lettres dans la région parisienne ». La platitude de l'information, en violente rupture avec la touffeur et la beauté de cette œuvre majeure, est à elle seule la marque d'un humour singulier, éloigné de tout comique, qui éclaire les nombreux romans et récits parus depuis 1982. On finit aussi par savoir qu'il passe son enfance à Brive, jusqu'à l'âge de dix-sept ans, qu'il fit ses années de khâgne à Limoges et à Bordeaux, qu'il intégra l'École normale supérieure de Saint-Cloud, obtint l'agrégation de lettres modernes et passa le doctorat. Les voyages l'attirent peu. Il a milité au P.C.F. de 1970 à 1985, après un détour chez les « maos », dans la suite du mouvement de Mai-68. Une vie ordinaire en somme, si elle n'était la condition nécessaire pour accéder à l'autre vie, celle de l'écriture, engagée à trente-trois ans avec Catherine (1984) et à laquelle il se consacre totalement depuis lors. Admirateur de Flaubert, acharné à composer une œuvre exigeante, il laboure patiemment les terres de la mémoire corrézienne en façonnant la langue française à la manière d'un céramiste du Néolithique. À partir de ses souvenirs d'enfance et de la recomposition de la vie des gens de sa famille dans le Limousin ou le Quercy (La Maison rose, 1987), Pierre Bergounioux fait surgir un bloc de mots, compact et fluide, rugueux et poli, ordonné et déraisonnable. Athée, matérialiste, cette écriture accouche de personnages qu’on distingue mal de la grossièreté végétale, des arbres et des pierres, de la pluie ou des papillons (Le Grand Sylvain, 1993), des oiseaux et des sources dont l'auteur portera « toujours le deuil ». Le fil narratif est mince. Ficeler une intrigue n'a guère d'intérêt quand l'essentiel est dans l'entreprise ontologique de dévoilement par le langage des choses dans leur apparition même, dans l'étonnement des commencements. La narration des enfances provinciales dans les années 1950 ou 1960 (La Bête faramineuse, 1987 ; L'Ar [...]

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ROMAN - Le roman français contemporain

  • Écrit par 
  • Dominique VIART
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Dans le chapitre « Récits de filiation »  : […] le remodelage qu’impose l’écriture. Le même souci de comprendre d'où l'on vient et combien ce trajet est lesté de déterminismes anime romans et récits de Pierre Bergounioux (La Maison rose, 1987 ; L'Orphelin, 1992), lequel construit autour de son propre cas familial une réflexion contextuelle nourrie de sociologie, mais aussi de philosophie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roman-le-roman-francais-contemporain/#i_97678

Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « BERGOUNIOUX PIERRE (1949-    ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-bergounioux/