MUSICALISCHE EXEQUIEN (H. Schütz)

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Plus que Praetorius ou que ses quasi-contemporains Schein et Scheidt, Heinrich Schütz est le véritable père de la musique allemande. Situé au confluent du motet polyphonique flamand et de l'expressivité nouvelle du madrigal italien, il constitue le trait d'union fondamental qui relie l'austérité de l'art né de la Réforme au libre jaillissement de la musique baroque. Schütz laisse, pour l'essentiel, un impressionnant ensemble d'œuvres vocales religieuses (mais près d'un tiers de ses partitions ont été perdues). En 1636, il compose les Musicalische Exequien, « concert en forme de messe allemande » commandé par son protecteur le prince Heinrich Posthumus von Reuss pour ses funérailles. Les textes, en allemand, sont tirés de l'Ancien Testament, des Évangiles et de chorals luthériens. L'œuvre allie, dans une musique à la fois épurée et lancinante, une somptueuse écriture – combinaisons variées de solistes, éclat instrumental, doubles chœurs virtuoses avec de poignants effets de relief sonore – et une profonde intériorité mystique. Comme pour exorciser les horreurs de la guerre de Trente Ans. Sa structure, en trois parties, est inhabituelle et novatrice : la première est un « concert en forme de messe funèbre allemande » ; la deuxième est un motet à double chœur à huit voix dans la lignée du chant antiphonique de l'école vénitienne, illustré par Adrian Willaert et Andrea Gabrieli ; la troisième est un « concert pour deux chœurs dans lequel chaque chœur chante son propre texte ».

Heinrich Schütz

photographie : Heinrich Schütz

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Le compositeur allemand Heinrich Schütz. Portrait anonyme. Grassimuseum, Leipzig. 

Crédits : AKG

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—  Pierre BRETON

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Pierre BRETON, « MUSICALISCHE EXEQUIEN (H. Schütz) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musicalische-exequien/