MANN MENDEL (1916-1975)

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à Varsovie, le romancier de langue yiddish Mendel Mann eut une jeunesse villageoise. Sa mère appartenait à l'une de ces familles juives qui s'étaient fixées depuis des générations sur un sol polonais acheté à des propriétaires allemands. Un des oncles de Mendel Mann était tombé en héros lors d'un combat de partisans contre l'occupant russe. Son père, tôt acquis aux idées socialistes et lié d'amitié avec Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, était le fils d'un scribe de la Tōrah, qui comptait lui-même dans son ascendance des poètes et des hommes voués à l'étude. Attiré lui aussi par l'action sociale, Mendel Mann milita très jeune, tout en restant proche de la nature, qu'il aimait passionnément. Après ses études, d'abord à Plonsk, puis à Varsovie, il s'initia à la peinture, à l'instar d'un de ses frères aînés. Après l'avoir abandonnée, il s'y remit bien plus tard, en France, et exposa alors plusieurs fois des aquarelles remarquables par le sentiment de la nature qui s'y exprime. Soldat dans l'armée polonaise, fait prisonnier au cours de l'ultime bataille qui se déroula dans les rues de Varsovie, Mendel Mann s'évada et passa en U.R.S.S. Déjà formé au métier d'instituteur, il est envoyé à ce titre à Tiengouchaï, village kolkhosien proche de la Volga et du fameux camp de concentration de Potma, qu'il traversera à nouveau en 1941, non plus seul mais avec tous les hommes valides du village, mobilisés pour la défense de Moscou. Il fait toute la guerre dans l'Armée rouge, jusqu'à Berlin, où il a le privilège d'assister à la reddition de Tempelhof. Il se marie avec une jeune fille rencontrée dans la Pologne occupée par les Russes, un fils leur naît à Tiengouchaï. Démobilisé, il retourne à Varsovie. Toute sa famille a été massacrée par les nazis : ses parents à Auschwitz ; son jeune frère en combattant dans le ghetto ; les aînés, l'un peintre et l'autre professeur de botanique, en d'autres lieux, ainsi que sa sœur. Il se met en quête des enfants juifs rescapés, orphelins pour la plupart, et organise leur passage en Israël. Puis il s'y rend lui-même, ne pouvant plus supporter, surtout après le pogrom de Kielce, l'atmosphère de la Pologne. Il s'installe à Yazour, où il cultive la terre pour nourrir sa famille. Il s'attache à ce pays d'une rude beauté, bien différent de la verte Mazovie de son enfance, mais qui représente tant pour lui et pour son peuple. Avant la guerre il avait publié des poèmes dans des revues, puis en 1945, à Lodz, Le Silence qui crie et, en 1947, à Ratisbonne, Héritage. Il se remet à écrire : sa trilogie sur la guerre – Aux portes de Moscou, 1956 ; Sur la Vistule,1958 ; La Chute de Berlin, 1960 ; et, inspirés par sa nouvelle patrie, un roman, Le Village abandonné, 1954, des nouvelles, La Rue des amandiers en fleurs, et une parabole, Nuit sur Glouchino, dont la version française (1975) s'intitule La Tour de Gengis-Khan. Il fonde une revue littéraire, Di Goldene Keyt. Pour la parution en français de sa trilogie, il vient à Paris en 1960, y revient à plusieurs reprises et s'y remarie ; il s'y fixe définitivement en 1962. Il publie ensuite Les Plaines de Mazovie, Grains dans le désert, La Maison entourée d'épines, Les Renards de Samson, L'Auto-portrait, Le Chêne noir, Les Gens de Tiengouchai, Du Golan à Sharm el Sheik. En 1973, Lily Siou lui ayant demandé une pièce pour la radiodiffusion, il écrit La Côte de Tarsis, puis Sambation. Rédacteur en chef, à partir de 1967, du journal de langue yiddish Unzer Wort, Mendel Mann aura trouvé là une nouvelle forme d'expression à son talent.

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Lolay MANN, « MANN MENDEL - (1916-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mendel-mann/