BOURKE-WHITE MARGARET (1906-1971)

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Photographe américaine et figure majeure du photojournalisme. Margaret White, née à New York le 14 juin 1906, est la fille d'un ingénieur-concepteur travaillant dans le secteur de l'imprimerie. Après avoir étudié à l'université Columbia (1922-1923), à l'université du Michigan (1923-1925), à la Western Reserve University, elle fréquente Cornell University, dont elle sort diplômée en 1927. Jusqu'alors photographe amateur, elle devient, après être revenue s'installer à New York, une photographe professionnelle indépendante. C'est alors qu'elle adjoint à son nom celui de sa mère, et se spécialise dans les prises de vue d'architecture et de bâtiments industriels. Bientôt remarquée pour son originalité, elle est engagée par l'éditeur Henry Luce et travaille pour son nouveau magazine, Fortune. En 1930, elle est envoyée en Allemagne par ce journal, afin d'y photographier les usines sidérurgiques Krupp ; poursuivant son voyage jusqu'en Union soviétique, elle y réalise un reportage sur le premier plan quinquennal. Dès le lancement du magazine Life, Margaret Bourke-White en devient l'un des quatre reporters permanents, faisant, avec un reportage consacré au barrage de Fort Peck dans le Montana, la une du premier numéro, le 23 novembre 1936.

Durant les années 1930, Bourke-White réalise sur commande d'importants travaux photographiques sur l'Allemagne, l'Union soviétique et le Dust Bowl (le « bol de poussière », résultat d'une catastrophe écologique due à l'érosion éolienne des sols), dans le Midwest américain. Le style dramatique qui caractérisait déjà le traitement de ses sujets sur l'industrie ou l'architecture s'affirme à la faveur de ces expériences. Son œuvre s'enrichit alors d'une dimension humaine et sociale, révélant chez elle compassion et humanité. En 1935, Bourke-White rencontre Erskine Caldwell (1903-1987), romancier originaire du Sud, auquel elle sera mariée de 1939 à 1942. Ils réalisent ensemble trois livres illustrés : You Have Seen Their Faces (1937), consacré aux métayers du Sud, North of the Danube (1939), consacré à la vie en Tchécoslovaquie avant la prise de pouvoir par les nazis, et Say, Is This the U.S.A. (1941), consacré à l'industrialisation des États-Unis.

Bourke-White couvrit la Seconde Guerre mondiale pour Life et fut la première femme photographe attachée aux forces armées américaines. Durant sa traversée de l'Atlantique, le navire qui l'emmenait en Afrique du Nord fut torpillé et coulé, mais elle en réchappa et put rendre compte de la lutte éreintante soutenue au jour le jour par l'infanterie alliée durant la campagne d'Italie. Elle couvrit ensuite le siège de Moscou et, vers la fin de la guerre, traversa le Rhin pour entrer en Allemagne avec les troupes de la IIIe armée du général Patton. Ses photographies de prisonniers et de victimes des chambres à gaz prises dans les camps de concentration stupéfièrent le monde entier.

Après la Seconde Guerre mondiale, Bourke-White se rendit en Inde pour photographier le Mahatma Gandhi et témoigner des mouvements de migration massifs causés par la partition du sous-continent entre l'Inde hindouiste et le Pakistan musulman. Durant la guerre de Corée, elle travaille comme correspondant de guerre et accompagne les troupes sud-coréennes. Malgré la maladie de Parkinson qui la frappe à partir de 1952, Bourke-White continue de photographier et d'écrire. Elle ne cessera de travailler pour le magazine Life qu'en 1969 – avant de mourir à Stamford, dans le Connecticut, en 1971.

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« BOURKE-WHITE MARGARET - (1906-1971) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/margaret-bourke-white/