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LIGNE COROLLE (C. Dior)

Le 12 février 1947, une nouvelle maison de couture, Christian Dior, financée par l’industriel du textile Marcel Boussac, présente à Paris sa première collection. Sa ligne Corolle stylise une femme en rupture avec la « femme-soldat » qui, selon Dior, domine encore l’après-guerre : sa « femme-fleur » a, elle, les épaules petites et rondes, la poitrine haute et affirmée, la taille fine soulignée par des hanches marquées. Ce corps regalbé est paré d'atours luxueux, la jupe est rallongée de 20 centimètres. La directrice de Harper's Bazaar parle d’un « new look », adoubant ainsi une féminité opulente et décorative.

S'inspirant du second Empire, Dior restaure des artifices de construction (tissus doublés de percale, corsages bustiers à baleines, jupons gonflant la robe, paddings aux hanches, guêpières et corsets) qui effacent l'héritage de la génération anti-corset Poiret-Chanel-Vionnet. La générosité des métrages du new look, la « main » de ses tissus à armure serrée (satins, taffetas, ottomans, velours) en réaction aux ersartz sans tenue de la guerre, la richesse de ses broderies, affranchissent les femmes, de manière encore irréelle, d'années de privations et de restrictions. Ce déploiement d'étoffes ne fut pas sans accrocs : mannequin assaillie par des ménagères de la rue Lepic à Paris, manifestations hostiles au Little Below the Knee Club aux États-Unis, où Dior effectue une tournée en 1947. En 1948, avec la fin de la pénurie, le new look triomphe. Il meurt officiellement en 1954 quand Christian Dior crée la ligne H qui décintre la taille.

— Farid CHENOUNE

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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