DRAPEAU BLANC LE

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Vaudevilliste à succès sous la Convention thermidorienne, le Directoire, le Consulat et l'Empire, Alphonse Martainville (1776-1830) avait rallié très tôt la cause des Bourbons et écrivit à partir de 1815 successivement dans Le Journal de Paris, La Gazette de France et La Quotidienne avant de fonder, en janvier 1819, sa propre feuille, Le Drapeau blanc. Au début simple brochure périodique pour échapper à la censure, puis journal quotidien en juillet 1819, feuille ultra-conservatrice dont la devise était « Vive le roi !... quand même », Le Drapeau blanc mena une rude bataille contre Decazes ; sous Villèle il accusait encore le gouvernement de faiblesse. À la fin de 1822, Lamennais, célèbre depuis la parution du premier tome de son Essai sur l'indifférence en 1816 et qui avait déjà collaboré avec de Bonald au Conservateur et au Défenseur, devient rédacteur en chef du Drapeau blanc ; sous sa plume, ce journal devient un redoutable ennemi du gouvernement Villèle et des catholiques gallicans. Cette campagne atteint son apogée le 22 août 1823 dans la fameuse Lettre au grand maître de l'Université (Mgr Frayssinous), où l'attaque de l'enseignement dans les établissements secondaires de l'État servait de prétexte à la revendication de l'indépendance de l'Église et de sa liberté. Il s'ensuivit une série de procès ; Lamennais fut contraint de quitter le journal : il partit en Suisse puis à Rome. Villèle fit alors pression sur Martainville, qui mit, en janvier 1824, son journal en société ; le baron d'Eckstein commandita un temps l'entreprise. Mais Le Drapeau blanc avait perdu toute indépendance ; réduit au rôle de feuille officieuse de Villèle, il ne conservait même pas un millier d'abonnés ; ayant perdu toute raison d'être, il cessa de paraître le 1er février 1827.

Le 16 mai 1829, Martainville, plus ou moins sollicité par le prince de Polignac, fit paraître Le Démocrate, qui reprit le 15 juillet suivant le titre du Drapeau blanc : ce fut, avec La Gazette de France et La Quotidienne, un des rares soutiens du ministère des Ordonnances. Ce journal fit paraître son dernier numéro le 26 juillet 1830, la veille même de la révolution ; la mort de Martainville quelques jours après scella définitivement le destin du Drapeau blanc.

—  Pierre ALBERT

Écrit par :

  • : professeur émérite de l'université Panthéon-Assas

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Pour citer l’article

Pierre ALBERT, « DRAPEAU BLANC LE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-drapeau-blanc/