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BENOÎT XII, JACQUES FOURNIER (mort en 1342) pape (1334-1342)

Celui qui deviendra pape sous le nom de Benoît XII est né à Saverdun dans le comté de Foix près de Toulouse et mort le 25 avril 1342 à Avignon.

Moine cistercien à Boulbonne, puis maître en théologie, diplômé du collège Saint-Bernard à Paris, Jacques Fournier devient supérieur de l’abbaye de Fontfroide en 1311, puis évêque de Pamiers en 1317, de Mirepoix en 1326, et cardinal en décembre 1327. Il se distingue par son implication dans les débats théologiques et son zèle à combattre les hérétiques, si bien que les cardinaux d’Avignon le choisissent le 20 décembre 1334 pour succéder au pape Jean XXII (1316-1334) ; il est intronisé le 8 janvier 1335 sous le nom de Benoît XII. Il s’attache alors à fixer la doctrine autour d’un débat qui agita la fin du pontificat de son prédécesseur sur la question de la vision béatifique promise aux justes après leur mort. Jean XXII avait, à plusieurs reprises, défendu la thèse de l’ajournement de cette récompense après le Jugement dernier. Benoît XII met fin à la controverse par la constitution apostolique Benedictus Deus de 1336, dans laquelle l’Église déclare que les bienheureux jouissent de la vision béatifique dès le moment même de leur mort.

Benoît XII tente de réformer les ordres religieux par l’introduction d’une discipline ecclésiastique draconienne. L’austérité de ses mesures lui vaut l’hostilité de ses pairs, et la plupart de ses réformes seront réduites à néant par les papes suivants. Troisième pape d’Avignon, il marque l’enracinement de la cour pontificale dans la ville, décevant les partisans d’un retour à Rome, mais il envoie de l’argent pour la restauration des églises à l’abandon et des aides pour la population déchirée par les conflits. Benoît XII fait construire un coûteux palais des papes en Avignon, et confie la décoration des églises à des artistes toscans, qu’il fait venir de Sienne.

Son action politique, sous l’influence du roi de France Philippe VI de Valois, est rarement couronnée de succès. L’un de ses échecs les plus retentissants est son incapacité à juguler le conflit entre les royaumes de France et d’Angleterre qui débute durant son pontificat, et mènera à la guerre de Cent Ans (1337-1453).

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • AVIGNON PAPES D'

    • Écrit par Hervé LEGRAND
    • 1 949 mots
    • 3 médias
    ...élection), ce qui renforçait sa mainmise sur le haut clergé et les églises locales et accroissait sa puissance, face aux pouvoirs politiques. Son successeur, Benoît XII (1334-1342), ne poursuivit pas ses vastes desseins et n'obtint guère de succès en Italie. Soucieux de réformer la vie religieuse, il échoua...
  • CISTERCIENS

    • Écrit par Marie-Madeleine DAVY, Placide DESEILLE, Anselme DIMIER
    • 8 650 mots
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    ...des études universitaires. Cette innovation fut suivie en divers pays, et les chapitres généraux encouragèrent le mouvement. En 1335, le pape cistercien Benoît XII promulgua sa constitution Fulgens sicut stella matutina, par laquelle il rendait les études universitaires obligatoires, en même temps qu'il...

Voir aussi