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KELLER HELEN (1880-1968)

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Aveugle, sourde et muette, l'auteur et éducatrice américaine Helen Keller suivit un apprentissage qui représente un exploit pour les personnes souffrant de tels handicaps.

Née le 27 juin 1880 à Tuscumbia, en Alabama, Helen Adams Keller contracte à l'âge de dix-neuf mois une maladie (peut-être la scarlatine) qui la rend aveugle, sourde et muette. Après l'avoir examinée à l'âge de six ans, Alexander Graham Bell lui envoie une jeune enseignante de vingt ans, Anne Sullivan (Macy). Cette dernière vient tout droit de l'établissement Perkins pour aveugles de Boston, dirigé par le gendre de Bell. Remarquable pédagogue, elle restera chez les Keller de mars 1887 jusqu'à sa mort, en octobre 1936.

En quelques mois, Helen Keller apprend à toucher les objets et à les associer à des mots épelés à l'aide de signes tracés au doigt sur sa paume. Elle s'initie également à la lecture en détectant des mots écrits en relief sur du carton et à la construction de phrases en plaçant des mots dans un cadre. De 1888 à 1890, elles passe ses hivers à l'institut Perkins pour étudier le braille. Commence alors un long processus d'apprentissage de la parole auprès de Sarah Fuller, enseignante à l'école pour sourds-muets Horace-Mann, également située à Boston. Elle se met par ailleurs à lire sur les lèvres en plaçant ses doigts sur les lèvres et la gorge de son interlocuteur tandis que les mots lui sont épelés. À l'âge de quatorze ans, la jeune Helen s'inscrit à l'école pour sourds-muets Wright-Humason, à New York. Deux ans plus tard, elle entre à l'école pour jeune fille de Cambridge, dans le Massachusetts. Admise au Radcliffe College en 1900, elle en sort diplômée avec mention en 1904.

Ayant développé des compétences inédites pour une personne atteinte de handicaps comparables, Helen Keller se met à écrire sur la cécité, sujet alors tabou dans les magazines féminins en raison de son lien fréquent avec des maladies vénériennes. Edward W. Bok accepte de publier ses articles dans Ladies' Home Journal, exemple que suivent bientôt d'autres revues reconnues, telles The Century, McClure's ou encore The Atlantic Monthly.

Helen Keller relate également sa vie dans plusieurs ouvrages, notamment The Story of My Life (1903, Histoire de ma vie, sourde, muette, aveugle), Optimism (1903), The World I Live In (1908), My Religion (1927, Helen Keller. Ma religion), Helen Keller's Journal (1938), Teacher : Anne Sullivan Macy ; a tribute by the foster-child of her mind, Hellen Keller (1955, Helen Keller... Ma libératrice : Anne Sullivan Macy) et The Open Door (1957). En 1913, secondée par un interprète, elle commence à donner des conférences, principalement au nom de l'American Foundation for the Blind, association à laquelle elle versera par la suite deux millions de dollars. Ses tournées l'amèneront ainsi à faire le tour du monde plusieurs fois. Les efforts qu'elle déploie pour améliorer le traitement des sourds-muets et des aveugles contribuera à retirer ceux-ci des asiles. Dès 1937, trente États comptent des commissions pour aveugles mises en place à son initiative. L'apprentissage qu'elle a suivi dans son enfance auprès d'Anne Sullivan est décrit dans la pièce de William Gibson intitulée The Miracle Worker (créée à New York le 19 octobre 1959), récompensée par le prix Pulitzer en 1960. L'adaptation cinématographique, sous le même titre (1962, Miracle en Alabama en français), remportera quant à elle deux oscars.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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Encyclopædia Universalis. KELLER HELEN (1880-1968) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

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