SCHUH GOTTHARD (1897-1969)

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Gotthard Schuh est né le 22 décembre 1897 à Schöneberg, près de Berlin. Ses parents, de nationalité suisse, regagnent leur pays trois ans plus tard et le jeune Gotthard fera ses études primaires et secondaires à Aarau.

Gotthard Schuh commence à peindre à l'âge de dix-sept ans et se sent assez de dispositions pour s'inscrire à l'école des Arts et Métiers de Bâle en 1916. Sa formation, interrompue par le service militaire, ne dure qu'une année, mais elle permet au jeune homme de vivre de son art dès 1919, à Bâle, à Genève puis à Krailing en Allemagne. Malgré une première exposition de peinture en 1922, Gotthard Schuh doit se résoudre à exercer un travail stable, qu'il trouve à Berne en 1926 : il dirigera le magasin de photo Hausamann. Il consacre ses loisirs à la photographie, sans renoncer à la peinture, ni aux voyages en Méditerranée ; en 1929 et 1930, il visite l'Italie, la Grèce et la Sicile. Plus qu'une variante de sa vision de peintre, la photographie suscite chez Gotthard Schuh un intérêt pour l'instantané et le document social. L'Italie lui procure une grande variété de sujets – petites gens, pêcheurs, quartiers populaires de Naples ou de Gênes. La sensibilité et le réalisme de ses photographies lui valent une première publication en 1931, dans le Zürcher Illustrierte. À Paris, en 1932, Schuh rencontre des peintres en vue comme Picasso et Braque et monte la dernière exposition de ses toiles. Comme l'Italie, Paris se montre une source d'inspiration photographique. La photographie du Bistrot, associant dans un même cadre horizontal le flou et le clair-obscur, est représentative de son style libre et novateur. Photographe reconnu, Gotthard Schuh travaille dès 1933 en free-lance et réalise quelques prises de vue publicitaires. Il collabore à de nombreuses revues allemandes, le Zürcher Illustrierte de ses débuts, le célèbre Berliner Illustrierte Zeitung, le « B.I.Z. », les hebdomadaires français Vu et Paris-Match, et le magazine américain Life. En 1935, il publie un premier livre chez l'éditeur Oprecht & Helbling, consacré à la ville de Zurich. En 1937, le Berliner Illustrierte Zeitung lui confie plusieurs reportages sur la condition des mineurs en Grande-Bretagne et en Belgique. Il photographie la même année la rencontre d'Hitler et de Mussolini à l'occasion de la visite officielle du Duce à Berlin, et s'intéresse aux fastes des illuminations nocturnes sur l'avenue Unter den Linden.

En 1938, Schuh obtient de trois journaux une importante commande et il part pour l'Indonésie. Il rapporte de ce voyage une somme de photographies qu'il publiera, en 1941, dans deux éditions différentes d'un même ouvrage : Inseln der Götter, chez l'éditeur zurichois Morgarten, et Eilander de Goden, chez Elsevier à Amsterdam. Le livre est un succès et connaîtra deux autres éditions en 1954, dont la version en français Île des Dieux chez Clairefontaine, à Lausanne.

Gotthard Schuh collabore au journal suisse Du et devient, en 1941, rédacteur photo de la Neue Zürcher Illustrierte. Cette nouvelle fonction n'entrave pas son propre travail de photojournaliste qui le conduit dans la France et l'Italie de l'après-guerre, équipé d'un appareil léger muni d'un seul objectif. En 1949, alors qu'il photographie l'Allemagne en ruines, l'Allemagne des camps de réfugiés, Schuh parraine un jeune confrère américain, un certain Robert Frank, auprès de la Neue Zürcher Illustrierte. Plus tard, le même Robert Frank, inspirateur à son tour de toute une génération de jeunes photographes, saura rendre hommage à son protecteur. Gotthard Schuh, cependant, n'aura sa première exposition de photographie qu'en 1951, au Kollegium Schweizerischer Photographen de Zurich, où il côtoie un jeune reporter lui aussi appelé à devenir célèbre, Werner Bischof.

En 1953, Gotthard Schuh reçoit la visite d'Edward Steichen à Bedigliora (Tessin) où il réside. Ce dernier cherche de bonnes photographies pour l'immense exposition qu'il prépare pour le musée d'Art moderne de New York, The Family of Man (1955). Cette exposition, qui voyagera ensuite à travers le monde, apportera à Gotthard Schuh, comme à beaucoup de ses contemporains, une reconnaissance internationale.

En 1956, il fait un dernier grand voyage, en Égypte et en Algérie. Distingué en 1957 par la médaille d'or de la biennale de photographie de Venise, Gotthard Schuh continuera à exercer son métie [...]

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Hervé LE GOFF, « SCHUH GOTTHARD - (1897-1969) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gotthard-schuh/