STIBITZ GEORGE ROBERT (1904-1995)

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Ingénieur américain né le 20 avril 1904 à York (Pennsylvanie).

Fils d'une enseignante en mathématiques et d'un professeur de langues anciennes, George Robert Stibitz, après des études en mathématiques et physique à l'université Denison puis à l'Union College de Schenectady (État de New York), travaille un an à la General Electric Corporation puis fait ses études doctorales à l'université Cornell. En 1930, il soutient sa thèse sur les vibrations du diaphragme d'un haut-parleur et la géométrie différentielle d'une membrane non planaire. Il est alors engagé comme mathématicien-ingénieur aux Bell Telephone Laboratories de New York. Chargé de perfectionner les éléments magnétiques présents dans les relais téléphoniques, il prend conscience des capacités arithmétiques de ces objets et fabrique en 1937, sur la table de sa cuisine, un additionneur binaire expérimental. Il démontre alors qu'il est possible d'assembler des relais de façon plus complexe afin d'effectuer les quatre opérations de base. Pour éviter l'usage du calcul binaire, Stibitz adopte le code décimal codé binaire développé quelques années plus tôt. Cette interface permet à l'opérateur de travailler en mode décimal, tandis que la machine utilise un système binaire. En 1939, il réussit à construire une machine capable de faire des opérations avec les nombres complexes. En septembre 1940, il fait une démonstration de ce calculateur complexe lors d'une réunion de la Société américaine de mathématiques ; il effectue de plus le premier calcul automatique à distance en reliant, par télétype et ligne téléphonique, sa machine à un utilisateur éloigné de 330 kilomètres.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Stibitz apporte une aide technique appréciable au bureau de recherche sur le contrôle des armes de D.C.A. (défense contre avions), dont le besoin en calculs rapides était crucial. En 1946, il se retire dans le Vermont et devient ingénieur conseil en mathématiques appliquées ; il dépose quelque 35 brevets d'inventions. Le dernier modèle de calculateur à relais construit par Bell Telephone Company, à partir des idées de Stibitz, voit le jour en 1950. La technologie électronique prend alors le pas et la compagnie ne s'engage pas dans cette voie.

Stibitz, s'étant intéressé à l'utilisation des ordinateurs en médecine, devient, en 1964, professeur de physiologie à l'école de médecine de Darmouth à Hanover (New Hampshire). Il meurt dans cette ville le 31 janvier 1995.

—  Bernard PIRE

Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

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Pour citer l’article

Bernard PIRE, « STIBITZ GEORGE ROBERT - (1904-1995) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-robert-stibitz/