ALEXANDER FRANZ (1891-1964)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un des pionniers de la médecine psychosomatique, et l'un des animateurs du mouvement psychanalytique américain, Franz Alexander, esprit éclectique et non conformiste, était d'origine hongroise. Il s'oriente vers la psychanalyse après avoir fait des études de physique. Comme plusieurs de ses compatriotes (Michael Balint, en particulier), c'est à Berlin qu'il se forme (il fut analysé par Hans Sachs). Refusant l'invitation de Freud, qui lui propose de s'installer à Vienne, il répond à la demande qui lui est faite de venir à Chicago, où il demeure jusqu'à sa mort, assurant durant plus de trente ans des fonctions de psychanalyste et d'enseignant. Certaines de ses leçons ont été publiées dans Fundamentals of Psychoanalysis. Comme directeur de l'Institut de psychanalyse de Chicago, il joue un rôle essentiel dans le développement de la psychanalyse et assure la formation de nombreux psychanalystes. Sous l'influence de Sándor Ferenczi, il prône des aménagements techniques destinés à renforcer et à hâter le processus analytique grâce à des techniques dites actives. Sans abandonner la neutralité et la prudence qui sont de règle, il conseille de moduler le climat dans lequel se déroule la cure. Il s'agit, pour l'essentiel, non seulement de ne pas répondre aux attentes du patient, mais aussi de lui présenter une image contraire à celle que le transfert induit. On en vient ainsi à doser les frustrations et les gratifications en fonction inverse de ce qu'attend le patient pour rendre plus clair ce que cette attente doit à la répétition des expériences infantiles.

La partie la plus connue de l'œuvre d'Alexander s'applique à la médecine psychosomatique. Notamment dans son ouvrage Psychosomatic Medicine, il a plus que tout autre contribué à établir une distinction très nette entre les expressions somatiques de l'hystérie et celles des « névroses d'organe » ; ces dernières, loin d'être de simples attitudes porteuses d'une signification symbolique latente, correspondent à des mécanismes psycho- et physiopathologiques complexes où interviennent le système nerveux central, le système nerveux végétatif, les glandes endocrines. Il s'est élevé aussi contre la tendance qui prétend expliquer le choix d'une maladie psychosomatique par un profil de caractère donné, préférant recourir à la notion de types d'émotions et d'affects spécifiques, qui trouveraient dans les différents appareils du corps une zone élective de réaction physiologique. Professeur de clinique psychiatrique à l'université d'Illinois, Alexander est l'auteur d'une importante histoire de la psychiatrie.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par :

  • : professeur de psychiatrie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, chef de service de psychiatrie (adultes) au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière

Classification

Pour citer l’article

Daniel WIDLÖCHER, « ALEXANDER FRANZ - (1891-1964) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-alexander/