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BORDES FRANÇOIS (1919-1981)

Né en 1919 à Rives dans le Lot-et-Garonne, François Bordes termine ses études secondaires à Villeneuve-sur-Lot en 1936. Il passe deux certificats de licence à Bordeaux (botanique, 1938 ; géologie, 1940), avant d'être mobilisé. Démobilisé en février 1941, il passe la même année un certificat de zoologie, puis de chimie générale (1942) et de minéralogie (1943) à Toulouse. Volontaire F.F.I. en 1944, blessé en novembre, il est définitivement démobilisé en 1945, année où il entre au C.N.R.S. avec Raymond Vaufrey comme directeur et Jean Piveteau comme parrain. Stagiaire de recherche jusqu'en 1947, il oriente ses recherches, dès le début de sa carrière, vers la stratigraphie du Paléolithique et les techniques de taille des outils de pierre dure.

Deux articles publiés en 1947 sont immédiatement remarqués : Les Limons quaternaires du bassin de Paris et du nord de la France et Étude comparative des différentes techniques de taille du silex et des roches dures. En 1951, il soutient sa thèse d'État : Les Limons quaternaires du bassin de la Seine. En 1956, il choisit d'être maître de conférences à la faculté des sciences de Bordeaux (anthropologie et préhistoire). Il devient professeur en 1962. Il crée l'Institut de préhistoire de l'université de Bordeaux en 1956, qui devient Institut du Quaternaire en 1969. La même année, il obtient que ce laboratoire soit associé au C.N.R.S. (Laboratoire associé 133).

Entre-temps, il assure la fonction de directeur des Antiquités préhistoriques d'Aquitaine (de 1957 à 1975). Membre du Conseil supérieur de la recherche archéologique vingt ans durant à partir de 1958, François Bordes a eu des responsabilités dans les trois grands organismes concernés par la préhistoire française : le C.N.R.S., l'Université et le bureau des fouilles au ministère de la Culture et de la Communication.

Dès 1954, François Bordes fut invité à donner des cours et des expertises à l'étranger. Il serait trop long d'énumérer ici ces nombreuses missions. Il est toutefois intéressant de relever que les États-Unis – plus encore que la France – lui demandèrent de participer à la formation de préhistoriens par des cours magistraux, des conférences ou des directions de thèses. Il ajoutait à ces activités de formateur celle de tailleur de silex, à laquelle il se livrait très souvent en public. Ce n'est pas en effet le moindre mérite de François Bordes que d'avoir fait franchir une étape importante à la connaissance des pierres taillées, par une approche non plus ludique mais scientifique de l'expérimentation.

Des activités corollaires venaient s'ajouter à ces travaux : organisation de colloques, participation à des émissions de radio ou de télévision, tournage de films, édition de livres ou de séries (publications de l'Institut de préhistoire de l'université de Bordeaux). La saison d'été était réservée aux fouilles qu'il a pratiquées dès 1934 sur plusieurs dizaines de sites, dont dix au moins furent de « grands chantiers-écoles », comme Le Pech de l'Azé, Combe-Grenal, Corbiac, Laugerie-Haute, qui firent parfois l'objet de douze campagnes successives. Il a codirigé en outre la Mission archéologique franco-australienne de 1978 à 1980.

François Bordes n'échappait pas à la règle qui veut qu'un archéologue ne s'épanouisse vraiment que sur le terrain : au cours de ces campagnes, il était pleinement chercheur, enseignant, fouilleur et tailleur, comme à Carsac dans une Dordogne où il avait choisi d'établir une résidence dite secondaire, qui représentait pour sa femme (Denise de Sonneville-Bordes, directeur de recherche en préhistoire au C.N.R.S.) et pour lui bien autre chose. Le nom du petit village de Carsac est en effet devenu mondialement célèbre, car c'était celui qu'avait choisi François Bordes comme écrivain de science-fiction[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • PALÉOLITHIQUE

    • Écrit par Denise de SONNEVILLE-BORDES
    • 10 702 mots
    ... En France, l'étude statistique des séries moustériennes du Nord et du Sud-Ouest a permis d'isoler dans ce vaste ensemble cinq groupes principaux (F.  Bordes) : le Moustérien typique sans bifaces, à nombreux racloirs, avec pointes ; le Moustérien de tradition acheuléenne, avec bifaces cordiformes, couteaux...

Voir aussi