CALDWELL ERSKINE (1903-1987)

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Romancier américain né en 1903, auteur de La Route au tabac et du Petit Arpent du Bon Dieu, Erskine Caldwell a fait entrer dans la littérature un nouveau personnage : le « pauvre blanc » des États du Sud. Il le découvrit dès l'enfance, non seulement pour être né à White Oak, en Géorgie, mais parce qu'à la suite de son père, pasteur presbytérien et inspecteur des églises, il ne cessa de parcourir le Sud tout entier. Il lui arriva ainsi de tomber, avec sa famille, prisonnier des moonshiners, les distillateurs clandestins de whisky. Il continua d'observer les « pauvres blancs » en faisant tous les métiers, comme il l'a raconté dans Mais l'art est difficile : scieur de long, footballeur professionnel, cuisinier, contrebandier d'armes, marchand de biens, ouvrier agricole. Entre-temps, il fréquentait l'université de Virginie, à Charlottesville. Cette grande expérience de la misère éveilla sa conscience sociale et le poussa à écrire contre l'injustice. Mais sa voie n'était pas le naturalisme ni la littérature engagée. Il n'était pas un autre Steinbeck et La Route au tabac ne ressemble qu'en apparence aux Raisins de la colère. Le plus souvent, il peint simplement, sans prendre parti et sans s'apitoyer, des personnages primitifs, aussi dépourvus de préoccupations morales que de ressources matérielles. Leur innocence s'accommode de la violence, de la fornication et de la mort. Les décrivant à gros traits, Caldwell écrit des farces tragiques et volontiers macabres.

Gene Tierney

Gene Tierney

Photographie

Gene Tierney joue le rôle d'Elle May Lester dans La Route du tabac (1941) de John Ford, d'après le roman d'Erskine Caldwell. 

Crédits : Hulton Getty

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Cet amoralisme à peu près total, cet humour féroce qui peut tout au plus passer pour une dénonciation de l'absurde ont scandalisé ses premiers lecteurs et ont fait en même temps le succès de La Route au tabac (1932), du Petit Arpent du Bon Dieu (1933) et de Terre tragique (1945).

Le Sud tel que le peint Caldwell regorge d'horreurs, de misères, d'idiots et de monstres. Il est pourtant à l'opposé de celui de Faulkner. On n'y trouve ni bruit ni fureur, pas de sens de la tragédie, aucune confrontation de l'homme et de son destin. Simplement une évidence, un récit direct, sans nuances ni détours psychologiques, qui font [...]


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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

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  • Marc CHÉNETIER, 
  • Rachel ERTEL, 
  • Yves-Charles GRANDJEAT, 
  • Jean-Pierre MARTIN, 
  • Pierre-Yves PÉTILLON, 
  • Bernard POLI, 
  • Claudine RAYNAUD, 
  • Jacques ROUBAUD
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Dans le chapitre « Écrire après Faulkner »  : […] La présence de Faulkner constitua pour les autres écrivains un problème que Flannery O'Connor devait un jour résumer avec son humour habituel : « Personne n'a envie de s'aventurer avec son petit chariot couvert et sa pauvre mule sur la voie ferrée où le Dixie Limited déboule à grand fracas. » C'est moins vrai pour des écrivains qui sont presque de la même génération, comme Robert Penn Warren ou T […] Lire la suite

Pour citer l’article

« CALDWELL ERSKINE - (1903-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/erskine-caldwell/