CHŪGOKU

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Situé à l'extrémité sud-ouest de l'île de Honshū, à proximité de Kyūshū qui s'étend de l'autre côté du détroit de Kanmon (dit aussi de Shimonoseki), le Chūgoku est composé de cinq départements qui forment une région de 31 922 kilomètres carrés où vivent 7 438 037 habitants (2015). Signifiant « pays du milieu », le nom de la région ne doit pas être confondu avec celui de la Chine, qui s'écrit et se prononce de la même façon en japonais. L'étymologie est toutefois différente : le Chūgoku japonais se trouvait autrefois entre le cœur politique du pays (le Kansai, qui abritait les anciennes capitales impériales, dont Heian-kyō) et l'île de Kyūshū. Il avait ainsi une situation d'entre-deux, de milieu, avant que le centre de gravité politique, économique et culturel de l'archipel ne glisse vers le Kantō, plus au nord-est.

Japon : carte administrative

Carte : Japon : carte administrative

Carte administrative du Japon. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le Chūgoku est une région de reliefs et de collines, traversée en son centre par une chaîne de montagne culminant à 1 713 mètres (mont Daisen), qui forme deux sous-régions : le littoral nord, appelé San'in (que l’on peut traduire par « ubac », soit le versant montagnard ombragé correspondant aux départements de Tottori et Shimane) ; le littoral sud, appelé San'yō (l'adret, le versant ensoleillé, soit les départements d'Okayama et Hiroshima). Cette topographie a été reprise par deux axes routiers historiques partant de Kyōto et se rejoignant à la pointe sud-ouest du Chūgoku, dans le département de Yamaguchi, avant de franchir le détroit de Kanmon : le San'in-dō, qui passe par le Nord, et le San'yō-dō, qui dessert le Sud.

La distinction entre San'in et San'yō se retrouve dans les logiques d'aménagement et de mise en valeur de la région avec une forte opposition entre le littoral sud, très industriel et fortement urbanisé, comprenant toutes les grandes villes (Hiroshima, Okayama ou encore Yamaguchi), et le littoral nord, agricole et plus faiblement peuplé. Le principal bassin industriel de la région est structuré par Hiroshima, située sur le San'yō-dō, dans le prolongement de l'axe du Tōkaidō. Il est essentiellement spécialisé dans le transport, les machines, les biens d’équipement, la sidérurgie sur l’eau et l’électronique (dont les micro-conducteurs). Une industrie agroalimentaire assure également la vitalité de nombreuses villes de la côte sud, dont Okayama. À l’opposé, le San’in ne dispose que d’un seul pôle industriel de taille très modeste, Yonago, où se trouve une petite industrie métallurgique et textile, quelques conserveries de poisson et surtout une industrie traditionnelle du papier. L’intérieur des terres est peu développé. On y trouve toutefois un artisanat ancien (céramique, ébénisterie, papier), auquel s’ajoute l’exploitation de ressources naturelles, dont les forêts (bois et papier) et plus récemment l’uranium, pour l’industrie nucléaire.

Le déséquilibre nord-sud du Chūgoku n’est pas seulement industriel : il se retrouve également dans le domaine agricole, entre productivisme sur le San’yō et petite polyculture sur le San’in associée à un élevage bovin fournissant en veaux les grandes régions à viande, dont Kōbe. Les déséquilibres territoriaux du Chūgoku s'inscrivent dans les discours plus larges opposant le « Japon de l'endroit » (omote nihon, appellation méliorative) sur la côte Pacifique, structuré par la mégalopole japonaise qui concentre les principales régions urbaines du pays, les richesses et les pouvoirs (politique, économique, financier) et le « Japon de l'envers » (ura nihon, dénomination assez négative, voire méprisante) sur le littoral faisant face à la Chine, plus pauvre, rural et moins aménagé.

Historiquement, le Chūgoku s’est souvent trouvé proche du pouvoir et de ses clans puissants. C’est le cas au iiie siècle lors de ses relations avec le royaume de Yamato, alors installé dans le Kansai ; puis de nouveau lors de l’ère Edo (1603-1868), de nombreux seigneurs ayant participé à l’édification de la capitale shogunale par des contributions en nature, mais aussi en ingénierie et en hommes. Le patrimoine historique du Chūgoku, relativement prospère, explique le dynamisme actuel de son secteur touristique. La principale destination des touristes internationaux est toutefois Hiroshima, en raison des nombreux aménagements commémorant le bombardement atomique de la ville par l’armée américaine le 6 août 1945. Le reste de la région relève essentiellement du [...]

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HIROSHIMA

  • Écrit par 
  • Philippe PELLETIER
  •  • 980 mots
  •  • 2 médias

Hiroshima (1,2 million d'habitants en 2015), chef-lieu du département du même nom, est la principale ville du Chūgoku, la région occidentale de la grande île nippone de Honshū. Le nom d’Hiroshima est connu du monde entier en raison de la destruction atomique de la ville par l’armée américaine le 6 août 1945. Le bombardement a tué instantanément 75 000 personnes, dont un tiers de militaires, le no […] Lire la suite

Pour citer l’article

Raphaël LANGUILLON-AUSSEL, « CHŪGOKU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chugoku/