AUTOPORTRAIT EN ORIENTAL (Rembrandt)

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Rembrandt (1606-1669) est, dans l'histoire de la peinture occidentale, l'artiste qui s'est le plus représenté. Comme beaucoup de peintres, il s'est figuré dans des scènes religieuses ou historiques (son premier autoportrait daté est de 1626), et il continuera un certain temps dans cette veine, ainsi avec la Descente de croix exécutée en 1632-1633, ou avec Samson menaçant son beau-père de 1635. Mais il va se tourner très vite et jusqu'à la fin de sa vie (ses derniers autoportraits datant de 1669) vers l'autoportrait au sens strict, que celui-ci soit dessiné, gravé (premiers exemples en 1627-1628) ou peint (1628). Dans quelques cas exceptionnels, l'artiste fait référence à son activité, soit en se peignant avec le matériel du peintre ou en se représentant dans son atelier (vers 1629, Museum of Fine Arts, Boston), soit en utilisant une iconographie plus complexe (Autoportrait en Zeuxis, vers 1662, Wallraf-Richartz Museum, Cologne). Mais Rembrandt se concentre généralement sur le visage, se rapprochant ainsi du genre de la tête d'expression qu'il pratiqua durant ses premières années à Leyde, ou sur le costume, révélateur aussi bien de son goût pour le théâtre et la mise en scène que de son ascension sociale, de ses conceptions esthétiques ou encore de son évolution technique (1640, National Gallery, Londres). La richesse de cette série d'autoportraits réside certes dans leur diversité, mais surtout dans ce qu'ils révèlent de la psychologie d'un peintre qui ne plaçait pourtant pas l'introspection au cœur de son travail.

—  Barthélémy JOBERT

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Barthélémy JOBERT, « AUTOPORTRAIT EN ORIENTAL (Rembrandt) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/autoportrait-en-oriental/