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‘ARABĪ PACHA ou AḤMAD ‘ARABĪ AL-ḤUSAYNĪ (1839-1911)

Occupation britannique en Égypte

Occupation britannique en Égypte

Appartenant à une famille de Bédouins sédentarisés depuis peu, près de Zagazig, province d'ach-Charqiyya, ‘Arābī pacha est fils d'un chef de village. La forme correcte de son nom est « ‘Urābī », qui est prononcé « Arabi » par les Européens. Il est recruté à treize ans par tirage au sort comme simple soldat, et sa carrière militaire est marquée par la rivalité entre officiers « arabes » (c'est-à-dire de race égyptienne) et turco-circassiens. Sa‘īd pacha favorise les premiers, et ‘Arābī est dès 1860 lieutenant-colonel ; mais Ismā‘īl pacha est du parti des seconds ; sous son règne, ‘Arābī n'a aucune promotion ; il n'est nommé colonel par Tawfīq qu'en 1879. Révolté par ce favoritisme, ‘Arābī et d'autres officiers égyptiens exigent le renvoi du ministre de la Guerre, un Circassien, en février 1881. Menacés par les intrigues de Tawfīq, ils s'allient aux notables qui réclament une Constitution : le 9 septembre 1881, ‘Arābī et ses amis, appuyés par leurs soldats, obligent Tawfīq à nommer un Premier ministre libéral (Sharīf pacha) et à accorder des pouvoirs constituants à la Chambre des notables délégués, qui n'avait jusqu'alors qu'un rôle consultatif. Les Européens interviennent, Alexandrie est bombardée par la flotte anglaise le 11 juillet 1882 et le khādiv passe sous la protection des Anglais ; ‘Arābī, ministre de la Guerre, devient le chef de la résistance nationale. La devise de la « révolution » est « l'Égypte aux Égyptiens ». Le 13 septembre 1882, l'armée de ‘Arābī subit une défaite à al-Tall al-Kabīr, défaite qui est suivie de l'occupation de l'Égypte par les Anglais. Accusé de rébellion contre le khādiv, ‘Arābī est condamné à mort, gracié et exilé à Ceylan. Autorisé à rentrer en Égypte en 1901, il meurt oublié. Honnête et bon, mais d'une formation intellectuelle sommaire, ‘Arābī a dû assumer un rôle qui l'a quelque peu dépassé. Aujourd'hui, on a tendance à voir dans sa « révolution » un mouvement autant social que politique ; elle fut, en effet, largement appuyée par le peuple.

— Gilbert DELANQUE

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Écrit par

  • : agrégé de l'Université, ancien membre scientifique de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire, chargé d'enseignement à l'Institut de linguistique générale et d'études orientales et slaves de l'université de Provence

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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