COUTANT ANDRÉ (1906-1983)

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Inventeur français qui joua un rôle important dans le développement de matériels de prise de vues cinématographiques, André Coutant est né à Paris le 21 octobre 1906. Il fait ses études à l'École industrielle et commerciale de Paris (EIC) dont il sort major en 1923. Il commence sa carrière cinématographique dès 1925, la poursuit ensuite chez le constructeur français André Debrie – inventeur des caméras qui, au temps du « muet », équipent les studios du monde entier. Les caméras de reportage qui sont encore utilisées dans les années 1980, dans le format 16 mm, par les chaînes de télévision, sont toutes des dérivés des premières réalisations d'André Coutant.

Dès 1939, Coutant a la chance de connaître Jacques Mathot, constructeur de la caméra de studio « 300 m », la Caméréclair. En 1951, il perfectionne cet outil et, à partir de cette époque, collabore régulièrement avec l'industriel, devenu son ami.

André Coutant est l'auteur de plus de soixante-dix brevets, la plupart concernant la technique de prise de vues cinématographique. Ainsi, il lance sur le marché, dès 1947, la Camerette – appareil réalisé à la demande des opérateurs et suivant un cahier des charges sévère qui à l'époque relève du défi. Il doit en effet trouver les solutions à des exigences considérées alors comme incompatibles : légèreté, précision, automatisme du chargement, mise en batterie instantanée, fragilité réduite, etc. La Camerette devenue adulte prend le nom de Cameflex. Dès sa mise en service, cet appareil se distingue de toutes les autres caméras par trois originalités essentielles : l'utilisation de l'obturateur à pale reflex, donnant une image de visée optiquement semblable à celle observée dans le viseur ; une tourelle porte-objectif à trois emplacements divergents – permettant sans gêne aucune le voisinage d'objectifs à très courts ou à très longs foyers (grâce à une tourelle inspirée des microscopes modernes) ; enfin, des magasins de 30, 60 et 120 m de film 35 mm à enclenchements instantanés, sans même arrêter le mécanisme de défilement du film et permettant ainsi des acrobaties de prise de vues qui, sans cette particularité, auraient été irréalisables. Il fait sensation auprès des opérateurs d'actualités.

Quelques années après sa sortie, le Cameflex est doté d'un système permettant en moins de 30 secondes d'utiliser l'appareil soit en format 35 mm, soit en 16 mm. Ce système, dont le brevet fut pris en 1950, est particulièrement intéressant pour les producteurs-réalisateurs qui, en utilisant un seul appareil pour deux formats, l'amortissent plus facilement. Dernier point remarquable : bien que cette caméra légère soit initialement conçue pour la prise de vues du même nom, elle possède cependant une « fixité d'image » – qualité essentielle d'un appareil professionnel – telle qu'elle peut être utilisée pour la réalisation de trucages ou de certaines prises de vues scientifiques pour lesquelles cette exigence est de règle.

André Coutant invente également, dès 1949, l'inscription et la restitution des images sur bande magnétique. Cette technique est déjà étudiée à la même époque par la Radio Corporation of America. André Coutant n'en prend pas moins les brevets nécessaires, mais son idée et le début de réalisation qu'il y apporte sont dédaignés...

Une troisième invention remporte un grand succès international – en particulier pour le reportage léger (mais sonore synchrone) sur film 16 mm à l'usage des stations de télévision – : c'est la caméra autosilencieuse Éclair 16 (à visée reflex type Cameflex). Le terme « autosilencieux » signifie que cet appareil à mouvement alternatif (comme toute caméra), donc bruyant par définition, est conçu mécaniquement pour réduire au minimum tout bruit de fonctionnement gênant la prise de son.

Les travaux de Coutant s’étendent du domaine du cinéma scientifique à celui de la photométrie, par exemple, avec sa sonde photométrique appelée « Sensitoflex » permettant, à distance, de mesurer les éclairements différents d'une partie du décor donné aussi bien que d'une surface réduite d'un visage dans ce même décor. Mais il ne néglige pas pour autant la mise en service de la « claquette automatique » (1952) permettant d'assurer le synchronisme de la prise de son et de la prise d'images lorsque ces deux éléments sont enregistrés sur deux films (ou bandes) différents – ce qui est généralement le cas. Pour ce qui est du cinéma scientifique, André Coutant crée des caméras à grande vitesse, éventuellement munies de bases de temps et [...]

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Écrit par :

  • : cinéaste diplômé d'État (E.N.P.C.), lycée Louis-Lumière, directeur de la photographie et conseiller technique pour le cinéma, lauréat de la Société d'encouragement pour la recherche et l'invention, expert judiciaire

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Pour citer l’article

Pierre BRARD, « COUTANT ANDRÉ - (1906-1983) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-coutant/